Femme passionnée et imaginative, Natalia s'ennuie dans son mariage et se morfond dans la campagne russe. Pour se divertir, elle flirte avec l'ami de son mari, mais le manque d'ardeur de celui-ci à son égard, la lasse bien vite. L'arrivée du séduisant jeune précepteur de son fils, Alexei Beliaev, va bouleverser la tranquillité de la maison. Natalia en tombe amoureuse. Elle succombe à son charme magnétique et se sent rajeunir au contact de son esprit vif et de sa jeunesse. Beliaev, lui, n'est pas insensible à la beauté de Vera, la pupille de Natalia, à peine âgée de 17 ans. Folle de jalousie Natalia rend l'atmosphère de la maison invivable. Exaspéré, Beliaev décide de rentrer à Moscou. Vera, amère et blessée par le départ du jeune homme, accepte par dépit, la proposition de mariage d'un propriétaire terrien voisin qu'elle n'aime pas. Restée désespérément seule et frustrée, Natalia s'ennuie plus que jamais...
Après avoir été jouée à Guilford, la pièce se produisit à Londres au Cambridge Theatre en septembre 1965. Jeremy reprit le rôle du séduisant précepteur Alexseï Beliaev, tenu auparavant par son ancien beau frère, Daniel Massey. A l'affiche la star Ingrid Bergman interprétait Natalia et la mise en scène était signée Michael Redgrave. La performance de Jeremy fut particulièrement applaudie par les critiques :- Le London Times : "M. Jeremy Brett donne de la virtuosité à ce personnage ingrat." - Le Financial Times : "Mais peut-être la plus impressionnante des révélations est celle de Jeremy Brett. Dans cette production, remarquable par la façon dont chaque acteur se glisse dans son rôle comme une main dans un gant parfaitement ajusté, M. Brett est absolument exceptionnel. Son précepteur, Beliaev, est encore essentiellement un étudiant, même un paysan, comme le suggère son costume de moujik. Il prend conscience de sa sexualité pour la première fois, en même temps d'ailleurs que Vera, et découvre son pouvoir d'émouvoir. Voici Beliaev, gauche et timide, mais avec le sourire éclair de ceux qui charment naturellement plutôt que par choix, et voici le parfait adieux -- triste, surpris, et pourtant totalement courtois. " - Le Chicago Tribune : "Avec le charme irrésistible de Jeremy Brett, dans le rôle du jeune précepteur au sourire timide, qui fait voler en éclat l'ennui d'une maison de campagne, on ne peut pas se tromper."
A Month in the Countryd' Yvan Tourgueniev- Septembre 1965 -Cambridge Theatre, LondresRôle: Alexeï Beliaev
"Un mois à la campagne", écrite en 1850, mais qui n'a été créée qu'en 1879, est la plus célèbre œuvre d'Ivan Tourgueniev. Elle est également considérée comme l'une des pièces majeures du 19ème siècle. Cette pièce est comme une belle nouvelle à laquelle l'auteur a donné la forme du théâtre. C'est une comédie de mœurs qui englobe les origines sociales, historiques, psychologiques des comportements observés. Elle est aussi moderne par l'usage du monologue intérieur et de l'expression symbolique, et parce que les héros se regardent vivre en même temps qu'ils vivent. Tourgueniev dépeint les conflits et tourments des relations amoureuses. Son art réside dans ces nuances de sentiments, cette peinture poétique de la campagne russe en été, cette évocation des personnages qui perdent un mois et finalement ratent toute leur vie."Un mois à la campagne" est avant tout un merveilleux portrait de femme. Natalia est un personnage tourmenté, ravagé par sa passion pour un jeune homme jugé d’un milieu inférieur au sien. Dans la Russie du XIXème siècle, cette pièce fit un scandale.
PIECE SUIVANTE Ivan Tourgueniev.
Lacteur britannique Henry Beltran Midhurst raconte ses souvenirs de la pièce dans laquelle il joua à l'âge de treize ans, aux cotés de son "précepteur" Jeremy Brett."J’ai eu le plaisir de travailler avec Jeremy Brett étant enfant, au cours de la représentation de la pièce "Un mois à la campagne" au Cambridge Theatre dans le West-End à Londres. Aux cotés de Jeremy, la distribution incluait Michael Redgrave, Ingrid Bergman, Emlyn Williams et Fay Compton. Jeremy Brett était extraordinaire dans le rôle du jeune précepteur qui cause tant de troubles dans la somnolente famille russe des Petrovna. La pièce n’aurait dû être jouée que six semaines, mais elle tint l’affiche six mois. Jeremy Brett me prodiguait avec une générosité extraordinaire son temps et son soutien. Il m’apprit comment appliquer mon maquillage de scène, comment m’avancer et comment marquer une pause. Une fois, alors que nous devions entrer en scène ensemble, je dus m’en charger seul car, étant malade et sous l’influence d’un lourd traitement médical, il avait manqué son entrée. Il aurait été impossible de se montrer plus élogieux et plus prodigue de félicitations qu’il ne le fut envers moi, un simple garçon de treize ans, quand il revint en scène après s’être rendu compte de sa bévue.La journée de travail se terminait souvent par une bouteille de Champagne et le toast qu’il portait : "A nous ! et à nos pareils : damnée minorité. Honorons l’un de ceux qui appartiennent à cette minorité bénie."
PIECE PRECEDENTE.
RETOUR ACCUEIL.
 
Chargement des bibliothéques...