Après deux années passées à l'Old Vic, Jeremy avait envie de sortir de son registre habituel et prouver qu'il était autre chose qu'un jeune premier. Ce fut ainsi une chance d'échapper à son étiquette de "pretty-boy" et de sortir du répertoire classique. Cette opportunité lui fut offerte par son meilleur ami, Robert Stephens qui le poussa à relever le défi. Jeremy le remercia dans une interview de 1967: "C'est Robert Stephens qui m'a poussé à aborder un rôle réellement différent, celui de ce fou fanatique de cuisinier dans la pièce The Kitchen." Robert avait joué ce rôle auparavant et il persuada la Royal Court, que Jeremy était le meilleur choix pour le remplacer dans le rôle du cuisinier allemand. Le metteur en scène John Dexter n'était pas très convaincu au début, mais il accepta à condition que Jeremy se coupe les cheveux très courts et prenne deux stones (plus de 12 kilos). Cela amusa beaucoup Jeremy qui pouvait manger et boire n'importe quoi ! Concernant l'interprétation de Jeremy, The Times de Londres écrivit: "Jeremy Brett interprête le rôle tragique de Peter avec une intelligence et une sincérité qui font oublier l'effort constant qu'il fait pour prendre un accent germanique." Malheureusement, la pièce était représentée dans les cuisines bien réelles d'un grand restaurant londonien le "Tivoli" et il s'agissait davantage d'une pièce "collective" qui ne pouvait pas mettre en valeur le talent de Jeremy, qui dut se résoudre à retourner à ses rôles "classiques". Mais "Peter" resta l'un de ses préférés.
PIECE SUIVANTECe drame d'Arnold Wesker se situe dans la cuisine d'un grand restaurant londonien à l'heure de pointe. A l'époque, Wesker faisait partie d'un groupe de jeunes auteurs de tradition socialiste et anti- conformiste. Sa pièce étudie ainsi les conditions de la classe ouvrière à travers le microcosme de cette cuisine où travaillent des gens de toutes races et nationalités. Le thème central de la pièce repose sur l'échec de histoire d'amour entre Peter, chef-cuisinier allemand plein de fougue, et une servante déjà mariée, Monique (jouée par Sandra Caron). Quand est passé le moment trépidant de l'heure de pointe, tout le personnel de la cuisine fait une pause. Wesker se sert de ses personnages pour leur faire dire leur colère contenue contre cette frénésie quotidienne, apparemment inutile. Peter demande à ses collègues quels sont leurs rêves. Tous évoquent l'argent, les femmes ou d'autres métiers. Le drame atteint son paroxysme dans les cris, les luttes et les verres cassés, quand Peter devient fou furieux de voir que son amie ne l'aime pas assez pour divorcer et lui donner l'enfant qu'il désire tant.
Un autre aspect de la pièce est le rôle de la musique, un sujet étudié dans un livre intitulé "The Function of Song in Contemporary British Drama", par Elizabeth Hale Winkler. Un extrait se rapporte au personnage de Peter : "The Kitchen introduit des chants dans des situations réalistes et les exploite dans des emplois traditionnels. Les airs servent à souligner le caractère du personnage et l’atmosphère. Le choix des mélodies internationales illustre les multiples origines du personnel de la cuisine, et la musique rock and roll hurlant de la radio correspond à la redoutable énergie et au rythme fièvreux du travail. En particulier, le chant de Peter, "Hi lee hi lo hi la" le dépeint comme un être joyeux, mais violent, d’une bon naturel mais agité. Ce chant traduit l’ambiance de la cuisine dans son ensemble : d’une manière ou d’une autre, sa sonorité démente fait partie de toute l’atmosphère de la cuisine."
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The Kitchend' Arnold Wesker- Août 1961 -English Stage Company Royal Court, LondresRôle: Peter
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