Piccadilly Circus
Jeremy présenta avec son enthousiasme habituel les programmes dont il écrivit également les avant-propos.Il considérait son travail de présentateur comme une sorte de mission diplomatique, ce qu'il confia dans une interview avec Kay Gardella avant que la série ne débute en Janvier 1976 :"Brett, qui déclare aimer l'Amérique et les Américains, reconnaît que son pays a besoin de notre soutien durant cette période d'essai et de ce fait, se sent doublement responsable dans son rôle d'animateur de Piccadilly Circus. "Il ajouta : "Nous ne savons pas où nous allons. Nous avons perdu l'Irlande. Nous avons perdu l'Ecosse. Nous ne sommes plus les Iles Britanniques. Pourtant, je suis si fier de mon pays, l'Angleterre. Et nous avons besoin de vous désespérément. C'est pourquoi je suis heureux de présenter ce spectacle. Bien que je ne saurais prétendre faire quoi que ce soit comme Alistair Cooke, qui est un génie dans ce qu'il fait, je peux cependant contribuer à nous rapprocher. Quand je suis arrivé ici, après sept heures d'avion, sans même souffrir du décalage horaire, je pensais "Pourquoi ne serions nous pas plus proches ?" C'est pourquoi quand Joan Sullivan, productrice de Piccadilly Circus, m'a demandé de venir ici et d'être présentateur, j'ai considéré que c'était l'une des plus importantes missions que j'ai jamais entreprise."

Picadilly Circus est de nos jours considérée comme une émission d'anthologie.Ce programme de divertissement de la télévision publique, était produit par Joan [Wilson] Sullivan pour PBS à Boston WGBH et diffusé aux Etats-Unis et au Canada.Joan, la deuxième épouse de Jeremy en 1976, produisait également Masterpiece Theatre et Mystery ! qui a introduit la série Sherlock Holmes de Granada en Amérique.Picadilly Circus comptait 14 épisodes mensuels de 90 minutes chacun, qui présentaient une sélection des meilleurs programmes éclectiques de la télévision britannique des années 1970 : théâtre, comédies, drames, documentaires, variétés, films...L'émission fut diffusée du 19 Janvier 1976 au 11 Septembre 1977 et connut un vif succès populaire.Devenir présentateur procura de grands moments à Jeremy et assura sa notoriété outre-atlantique.

Picadilly Circus- 19 Janvier 1976 - BBC - PBS (USA)Présentateur



Jeremy confia à Peter O'Brien que si Piccadilly Circus a exporté le "meilleur" de la télévision britannique en Amérique, ses compatriotes préfèrent les importations américaines: "De retour à la maison, ce sont les programmes américains qui sont à la mode, plutôt que les nôtres. Je veux dire que "Kojak" a marqué toute notre jeune génération. Puis, il y a la série "Les Rues de San Francisco" de Karl Malden. Elle fait merveille... "Hawaii 5-0" est aussi très populaire. Je suppose que c'est parce que nous ne voyons pratiquement jamais le soleil, c'est ainsi ... Nous ne pouvons tout simplement pas faire "Kojak". Nous ne pouvons pas faire "Death of a Salesman"… Nous ne sommes tout simplement pas américains. Bien sûr, nous pouvons les jouer, mais jamais aussi bien que vous pouvez le faire ici.""J'ai vu un certain nombre de bonnes productions de "Death of a Salesman", mais aucune ne pourra jamais valoir celle avec Fredric March, Florence Eldridge et Jason Robards. C'est dans le sang, mais on ne l'a pas."


L'une des premières prestations de Jeremy consista à faire connaître le comique irlandais Dave Allen (photo ci-contre). "Dave, avoua Jeremy, prenait des risques." Il plaisantait sur le catholicisme et le sexe, faisait des observations satiriques à tout propos. Ses sketches loufoques étaient dans la veine des Monty Python et de Marty Feldman. L'émission introduisit la comédie déjantée "The Goodies" et "The Stanley Baxter Show" du célèbre comique écossais. Tous ces spectacles de la BBC furent diffusés plus tard sur PBS.Des drames anglais étaient également présentés, notamment "Stocker's Copper" l'histoire d'une grève de mineurs en 1913 dans les Cornouailles et "It's a Lovely Day Tomorrow" parlant d'un groupe de londoniens se réfugiant dans le métro durant les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale.Il y avait aussi des pièces de théâtre d'Alan Ayckbourn et Simon Gray, des adaptations de Lewis Carroll "Alice Through the Looking Glass" (Alice à travers le miroir) et Noel Streatfield "Ballet Shoes" qui raconte l'enfance de jeunes ballerines. Cecil Smith, critique au Los Angeles Times, le qualifia de "magnifiquement réalisé." Ce programme a ainsi remporté l'Emmy du "Outstanding Children's Special, Prime Time" en 1977.Des documentaires étaient également proposés tels que l'histoire d'une famille italienne du cirque en Calabre. Jeremy déclara dans son introduction au film : "Nous imaginons tous, que le cirque, de par son nom, est originaire des arènes de Rome avec ses courses de chars et ses gladiateurs. Mais j'aime à penser que la véritable naissance du cirque vient en premier d'un groupe de gens réunis en cercle, car un homme ou une femme a osé montrer son talent - comme un numéro de jonglage - créant un moment de magie pour ceux qui sont autour. Le cirque nous permet d'être des enfants. A travers ses moments grotesques, ses absurdités, son activité frénétique, le comportement ridicule ou audacieux de ses artistes, grâce à la communion miraculeuse avec les animaux, le cirque célèbre la joie d'être vivant."
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Joan Sullivan souhaitait que Jeremy anime l'émission, depuis qu'il avait brillamment prouvé ses talents de présentateur dans l'interview de la pièce de Sheridan "The Way of the World" pour Classic Theatre. Ce rôle était nouveau pour Jeremy. Il dit dans une interview: "Je suppose que vous pourriez dire que je suis un médiocre Alistair Cooke. Je suis habitué à jouer un personnage dans une situation décrite par un auteur et la tâche à accomplir est très nouvelle pour moi. "En tant que présentateur, Jeremy se voyait lui-même comme "l'Horatio de tous les Hamlet" et il insista pour que les 14 programmes présentés dans Piccadilly Circus soient les meilleurs de la télévision britannique actuelle. Il raconta que Joan avait méticuleusement visionné des centaines d'heures de programmes avant de choisir ceux qui seraient proposés. Le journaliste de télévision Peter O'Brien ne tarit pas d'éloges : "Jeremy Brett est réapparu sur la télévision publique une fois par mois comme une 'pleine lune lumineuse' pour charmer et éblouir ceux qui ont assez de chance pour se brancher sur Piccadilly Circus."Quant à Anthony Slide, il rapporta "qu'un critique a comparé le commentaire de Brett à celui d'un acteur auditionnant pour Ophelia ..."

 
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