Les Mémoires de Sherlock Holmes
UN MALADE NON-IMAGINAIREAprès avoir bouclé tant bien que mal "L'affaire des Trois Pignons", Jeremy devait encore compléter cet épisode au titre prophétique du "Détective agonisant". Il était impossible d'ajourner ce tournage, procédure trop dispendieuse. A peine remis, il reprit le travail en Octobre 1993. Pendant le tournage, il était très souffrant, mais pour autant n'a rien perdu de son talent, ni de sa présence. Son énergie semble intacte, bien qu'il semble mal à l'aise et à bout de souffle dans la scène véhémente du monologue sous la fenêtre de Culverton Smith. Il faut regarder la scène de l'agonie de Holmes en VO car elle est beaucoup plus crédible. N'oublions pas que c'est Holmes qui joue, en exagérant volontairement son état. Ses artifices de maquillage sont grossiers, ses divagations outrées, et seuls la pénombre de la pièce et l'éloignement de ses familiers lui permettent de duper tout le monde. Le numéro d'agonisant fonctionne bien. Jeremy est convaincant et donne une connotation pathétique et impressionnante, en évitant la tournure emphatique et le ton faux de la VF.A posteriori, connaissant l'état de santé de Jeremy pendant le tournage, il est difficile de ne pas éprouver un pincement au cœur et un certain malaise devant ces scènes, qui prennent une dimension troublante, plus tragique encore. Malgré la charge psychologique et émotionnelle, l'acteur s'est beaucoup amusé à se grimer et se délecta de pouvoir jouer la célèbre scène des élucubrations de Holmes sur les huîtres. Il fit même un clin d'œil avec une allusion personnelle, quand Holmes avoue que le plus dur a été de ne pas fumer pendant trois jours. A la fin du tournage du "Détective agonisant" toute l'équipe fêta les 60 ans de Jeremy. Ce bon moment fut éphémère. Il retomba à nouveau malade et fut conduit au Charters Nightingale Hospital avec un pronostic très défavorable. Il connut ce qu'il appelait "un trou blanc", une période de grande confusion et de détresse. Il ne put être rétabli à temps pour tourner "La pierre de Mazarin", qui se fit sans lui.
L'HISTOIRE (22 Novembre 1913)Adelaïde Savage est très inquiète pour son mari, Victor, qui semble sous l'emprise de son cousin Culverton Smith. Ce dernier encourage son penchant pour l'opium sous prétexte de favoriser son inspiration poétique, mais en fait détruit sa santé. La jeune femme veut prouver à Sherlock Holmes les funestes intentions de Smith, qui selon elle convoite les biens de son époux, en l'invitant sur place. Pendant la soirée, le maître de maison est soudain pris de fièvre et succombe peu après, foudroyé par une maladie exotique dont Smith se trouve être le seul pathologiste spécialiste... Coïncidence ? Convaincu de sa culpabilité, Le détective sait qu'en l'absence de preuves, il devra user de subterfuge et de sang-froid. Mais parviendra-t-il à confondre cet implacable ennemi ? Tout à coup Holmes tombe gravement malade. Il est persuadé qu'il a contracté la même affection mortelle que Victor Savage. Smith reste son dernier espoir. Le détective est prêt à oublier ses accusations et implore Watson de requérir son aide pour le sauver d'une mort atroce...
Jeremy Brett ... Sherlock Holmes Edward Hardwicke ... Dr. John Watson Jonathan Hyde ... Culverton Smith Rosalie Williams ... Mrs. Hudson Hugh Bonneville ... Victor SavageSusannah Harker ... Adelaide Savage Trevor Bowen ... Charles DamantRowland Davies ... Colonel Carnac Rachel Rice ... Marina Savage John Labanowski ... Inspector Morton
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Producteur : June Wyndham-Davies, Sally HeadRéalisateur :Sarah HellingsScénariste : T. R. BowenDécorateur : Christopher TrueloveMusique :Patrick Gowers39ème épisode tourné1ère diffusion : Angleterre: 14 mars 1994 - ITV Network (37ème épisode diffusé); Etats Unis:30 nov. 1995 - WGHB; France: 5 nov. 1996 - FR3 (39ème épisode diffusé)Durée: 50 min 50 sec
ÉCHOS DE TOURNAGEJonathan Hyde compose, pour son rôle du pathologiste Culverton Smith, un méchant parfait, mais très loin de la description donnée par Conan Doyle : "Un homme à la voix de fausset, petit et frêle, avec un énorme crâne chauve, un grand visage jaune, nanti d’un double menton et deux yeux gris menaçants." Ici le personnage est un brillant pathologiste, à l'intelligence reconnue par ses pairs. Il est élégant et froid, sans aucun état d'âme. Son visage s'éclaire d'un sourire tel pareil à un rictus cynique et diabolique, quand il visite Holmes à l'agonie. Pervers et machiavélique à souhait, il met le raffinement de son personnage au service d'un crime et d'une histoire très inquiétants. Michael Cox compare le personnage de Culverton Smith à celui de Moriarty que joua Henry Daniel dans la série avec Basil Rathbone. Susannah Harker (Adelaide Savage) a interprété le rôle de Mary Morstan dans le pastiche La Croix de Sang (1991), où Charlton Heston incarnait Holmes. Le scénariste T. R. Bowen apparaît également au casting dans le rôle de l'avocat Charles Damant au cours de la soirée chez les Savage (il a joué de nombreux rôles sous le nom de Trevor Bowen).
UN ÉPISODE BIEN CONSTITUÉUn bon épisode, efficace et rythmé, avec des interprétations comme toujours excellentes. La nouvelle de Conan Doyle est assez originale et prenante, puisqu'elle ne repose que sur une mise en scène destinée à confondre Culverton Smith, la révélation du crime ne se faisant qu'a posteriori. L'adaptation filmée présente les faits déclencheurs, en développant toute une intrigue précédant la dernière partie, la "contamination" de Holmes. Le scénariste Trevor Bowen a imaginé pourquoi Holmes a dû enquêter sur ce cas et comment il parvient à le résoudre en comprenant le procédé meurtrier. Ce développement nous permet de découvrir la famille Savage dans son cadre de vie, d'assister à un dîner où tous les protagonistes présents sont scrupuleusement "étudiés" par Holmes. Dès le début, le montage rythmé des scènes traduit l'angoisse grandissante d'Adélaïde Savage à mesure que s'aggrave le malaise de son époux. Avec une grande habileté technique, la caméra expose la tension qui règne entre Mrs Savage et son cousin, l'étrange déchéance physique de Victor et l'imminence du drame que pressent la jeune femme.

ÉCHOS DE TOURNAGE Quelques belles scènes et trouvailles scénaristiques parsèment l'épisode. La présence d'une Mrs Hudson éplorée est touchante. Elle montre ici toute son affection envers le détective. Elle est finalement très attachée au pire des locataires de tout Londres... Watson également, est plein de dévouement et d'abnégation. Il écoute sans broncher les critiques de Holmes sur ses compétences médicales et cède à toutes ses volontés.La scène où Holmes reprend goût à la vie et donne ses explications, est habilement adaptée. Watson fait l'inventaire de la boîte à maquillage tandis que le détective explique à quoi sert chaque produit énuméré. Cette astuce permet de fluidifier l'action en donnant un aspect ludique et léger aux explications très canoniques de Holmes.Jolie scène de fin où la petite fille, un peu effrayée par un Holmes intimidant et inaccessible, s'approche pour le remercier et lui tendant la main, fait naître son fameux sourire éclair avec une spontanéité charmante.
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