" The Holmes of my youth" - Dame Jean Conan Doyle


Dès lespremiers signes de sa maladie, Jeremy déplorait de ne plus pouvoir tenir son rôle aussi bien qu'il le voulait et ressembler à l'image idéale de Holmes. Il s'en excusa dans une lettre publique le 9 Novembre 1993.En Avril 1994, il l'annonça publiquement à l'occasion du 10ème anniversaire de la série : "Holmes est le rôle le plus difficile que j'ai jamais joué - plus difficile qu'Hamlet ou Macbeth. Vous voyez, Holmes est devenu pour moi la face sombre de la lune. Il est d'humeur changeante et solitaire, et je suis en réalité sociable et convivial. Tout cela est devenu trop dangereux. J'aurais simplement dû jouer Bambi dès le début." On demanda un jour à Jeremy ce qu'il envisagerait de faire quand il aurait terminé son dernier épisode de Sherlock Holmes, il répondit : "Maintenant, je crois qu'il est temps de prendre beaucoup de repos et de réfléchir à ce que je veux réellement faire moi-même, et non pas à ce que les autres veulent que je fasse. Mais ce sera un grand réconfort pour moi, en vieillissant, d'être capable de regarder en arrière et de me dire : 'Oh, et bien, j'ai fait Holmes et j'ai réussi à ne pas si mal le faire". Holmes m'a enfin donné une reconnaissance en tant qu'acteur."
"La meilleure façon de jouer un personnage avec succès, c'est de l'incarner "écrivait Conan Doyle dans The Dying Detective, que nous sommes en train de tourner au moment où j'écris. Essayer d'être Sherlock Holmes c'est comme essayer d'attraper une flèche à mi-parcours. J'ai l'habitude de dire que je ne traverserais pas la rue pour le rencontrer. Je sais à présent que j'ai dit seulement cela par peur du refus. Dans le passé, je m'étais arrangé pour lui donner rendez-vous au Savoy pour prendre le thé; mais aucun de nous ne se présenta. Il semble toujours avoir une mesure d'avance sur moi, échappant sans cesse, avec rapidité et élégance, à mes efforts pour le rencontrer en face à face.Je sais que Watson est un véritable ami qui ne raconte pas tout ce qui se passe; une telle considération. Il ne doit pas voir les fêlures dans le masque de marbre de mon visage. Est-ce la raison pour laquelle Holmes se déplace si vite ? Je dois reconnaître que l'équipe des Studios Granada est la meilleure. A tous ceux qui ont travaillé sur nos films des histoires de Sir Arthur Conan Doyle dans les dix dernières années, un seul mot peut exprimer ce que je ressens… Bravo !
Manchester, Octobre 1993.

P.S. 9 Novembre 1993. "Je m'excuse de ne pas être aussi svelte que je l'ai été dans les vingt derniers films. Malheureusement c'est en raison de ce qui a été tout récemment diagnostiqué comme une insuffisance cardiaque. Je prends à présent de la digitaline et des diurétiques, et on m'a dit que dans un avenir assez proche, je serai mince à nouveau." Sincèrement, J. B.
Peu de temps avant sa mort en 1995, Jeremy confia dans sa dernière interview à David Stuart Davies : "Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir été Sherlock Holmes. Je ne l'ai jamais vraiment saisi, vous savez. Il était toujours en avance sur moi et je ne l'ai jamais rattrapé. Etre Sherlock Holmes est difficile, car il est insaisissable. Peut-être y suis-je parvenu une ou deux fois. Mais Sherlock Holmes est toujours présent. Il est l'un des génies intellectuels les plus impénétrables sur lequel on a jamais écrit. Les hommes le trouvent fascinant parce qu'il a une parfaite maîtrise de lui-même, tandis que les femmes voient en lui un défi : elles veulent briser cette carapace glaciale et révéler les vrais sentiments qui s'y cachent. Bien sûr, Holmes a aussi une part féminine en lui : l'intuition, qui fait partie de sa magie. Qu'il soit loué, il nous devance toujours. Mais j'ai vécu une période fascinante en l'interprétant. J'ai dit à Dame Jean [Conan Doyle] que j'avais dansé au clair de lune avec son père pendant dix ans. Au clair de lune et non dans la lumière du soleil... Holmes est un personnage très sombre."

L'origine de la série Les interprètes La série au fil des saisons Jeremy au fil de la série "The Definitive Sherlock Holmes" La Série Granada
Début 1995, lors de sa tournée d'interviews en Amérique, Jeremy déclara à ses fans que pour lui Basil Rathbone restait le meilleur Sherlock Holmes. Alors que sa reconnaissance était mondiale, il ne pensait pas avoir été le choix idéal pour le rôle, ni l'avoir interprété comme il convenait. Il aura toujours douté de la valeur de sa prestation.Une formule "définitive" l'a consacré "The definitive Sherlock Holmes". Jeremy avait dit en Février 1991 : "J'ai fait 33 histoires de Sherlock Holmes et certaines d'entre elles sont bonnes. Mais le Sherlock Holmes définitif est vraiment dans la tête de chacun. Aucun acteur ne peut entrer dans cette catégorie parce que chaque lecteur imagine son propre idéal. "Dans l'imaginaire de chacun existe sa propre représentation du détective. Pour les holmésiens, l'œuvre canonique aide à brosser un portrait par petites touches au fil des nouvelles. Si l'image idéale de Sherlock Holmes n'existe pas, car trop subjective, Jeremy s'en rapprochait merveilleusement.Depuis 1994, personne n'a repris le flambeau, ni osé tenter de nouveau l'aventure. La série de Granada demeurera l'œuvre d'un acteur d'exception. Jeremy Brett continuera à "être" Sherlock Holmes encore très longtemps...

The " Definitive Sherlock Holmes "
Supports utilisés : DVD de la série Granada et leurs bonus;"Bending the willow","Dancing in the Moonlight","Starring Sherlock Holmes" de David Stuart Davies;"The Man who became Sherlock Holmes" de Terry Manners;"The Television Sherlock Holmes" de Peter Haining;IMDb
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