Pipes en écume de mer
 
Ces pipes sont fabriquées à partir d'un bloc de sépiolite minérale, une roche sédimentaire calcaire fossile marine, appelée écume de mer.
D'une blancheur absolue, ce minéral tendre et poreux, flotte à la surface de l'eau faisant penser à de l'écume.
Composée d'hydrogénosilicate de magnésium, l'écume de mer se sculpte très facilement une fois séchée offrant des formes les plus originales.
Très légère, résistant à la chaleur mais assez fragile, elle a la propriété d'absorber la nicotine et le goudron grâce à son excellente porosité. Au fil des utilisations, l'écume change de couleur et se colore dans une teinte plus beige virant jusqu'au brun.
Les pipes de Sherlock Holmes
HOLMES EN FUMÉE : SÉRIE DE GIFS AVEC JEREMY BRETT
Fumeurs de pipe : la Gourd Calabash
JEREMY BRETT : PIPE SMOKER OF THE YEAR 1989
Sherlock's Dottle : Reading the Ashese
LIENS  ET  RÉFÉRENCES
Pipes calebasse
 
La calebasse est une grande pipe jaune très volumineuse bien qu'assez légère qui présente une large extrémité évasée et un fourneau à tabac réalisé en écume de mer. Les tuyaux étaient faits auparavant en ambre véritable.
 
Le corps de la pipe est constitué à partir d'une courge, ou plus exactement du fruit évidé, séché et poli de la Calebasse, plante herbacée annuelle rampante de la famille des Cucurbitacées cultivée en Afrique du Sud. Depuis les temps préhistoriques, la calebasse était utilisée pour fabriquer divers objets ou récipients grâce à sa coquille très dure.
La courge exige un travail long et minutieux pour lui faire prendre sa forme caractéristique pendant sa croissance.
Cette pipe particulièrement volumineuse est réservée à l’intérieur. Sa principale qualité est que la fumée arrive moins chaude que dans des pipes normales et que l'humidité reste au fond du fruit sans remonter jusqu'au fumeur. Elle permet une combustion lente et aisée et n'influence pas le goût du tabac car la courge est neutre. À la longue, le fruit se patine agréablement.
Pipes en écume Wiki Pipe
Pipes de bruyère
 
Le bois de bruyère est le matériau classique des pipes en bois, fabriquées à partir des souches tubéreuses ou des racines. La bruyère est le bois de loupe de la bruyère blanche, qui pousse dans la région entourant la mer Méditerranée. La loupe pousse sous terre, entre la racine et le tronc de l'arbre. Le bois est très dur et résistant à la chaleur, léger et respirant, telle une matière vivante avec des nervures élégantes ou "grains".
LES AUTRES FUMAGES
 
Holmes et Watson s'entendent à merveille et affectionnent tous deux les tabacs forts, même si le détective semble tous les apprécier. Watson quant à lui, préfère fumer habituellement un mélange de tabac Arcadia aux cendres blanches et moelleuses d'après Holmes.
 
De nombreuses fois dans le Canon, Holmes fume des cigarettes (NAVA, PRIO, GOLD, HOUN, etc), des cigares (MUSG) souvent réservé aux occasion particulières, aux moments de détente et qu'il offre volontiers à ses visiteurs. Il possède également une tabatière mais prise plus rarement (IDEN).
Sherlock Holmes a-t-il fumé de l'opium ?
Dans L'Homme à la Lèvre Tordue, Watson se rend dans une fumerie où il retrouve son ami déguisé, ridé et courbé par la vieillesse, une pipe à opium se balançant entre ses genoux. Le détective était sur une piste et devait se fondre dans le décor, en gardant toutefois les idées claires. Ainsi, il rétorque à Watson : "vous vous imaginez qu’outre mes injections de cocaïne, je me suis mis à fumer l’opium". En fin de compte, nous restons dans l'incertitude...
 
COMMENT  LA  CALEBASSE  EST  DEVENUE  L'ATTRIBUT  DE  HOLMES ?  
 
Ce type de pipe évoque immédiatement Sherlock Holmes et pourtant la calebasse n'est pas une pipe canonique !
Elle n'est jamais citée dans le Canon, elle ne donne lieu à aucune description dans aucun passage de l'œuvre, elle ne figure pas non plus sur les 356 illustrations de Sidney Paget où Holmes est plutôt représenté avec une longue pipe droite en bruyère.
 
De plus, c'est un anachronisme !
 
L’HISTOIRE  DE  LA  CALABASH  GOURD
 
Les tribus indigènes d'Afrique du sud faisaient pousser une espèce de "gourd" (courge) avec une coquille très dure qu’ils utilisaient pour fabriquer toutes sortes d’ustensiles domestiques et de récipients divers.
Quand les marchands européens découvrirent cette terre, ils introduisirent l'usage du tabac auprès des indigènes et utilisèrent les courges pour faire leurs pipes. C’était le début de la pipe Calabash (Calebasse) dont l'usage devint très populaire. Celle que nous connaissons fut probablement inventée dans le dernier quart du 19ème siècle par les colons néerlandais, fondateurs de la ville du Cap en 1652, appelés les Boers (éleveurs).
 
C’est au cours de la guerre de 1899-1902, opposant les Boers à la Grande Bretagne et aux autres membres du Commonwealth, que ce type de pipe s’est vraiment répandu.
 
À la fin de la Guerre des Boers, la Calabash fut ramenée en Europe par les anglais victorieux. Dès lors, son esthétique, sa forme singulière et sa finition séduisirent la classe aristocratique britannique. La Calabash connut immédiatement le succès et son prix avait triplé ! Les premières traces de véritable exportation sur le marché anglais datent de 1903.
 
Historiquement, la pipe calebasse n'est donc apparue en Grande-Bretagne qu'au début du 20ème siècle, soit après les premières publications de Conan Doyle.
LES PIPES CANONIQUES
 
À la lecture de l'œuvre de Conan Doyle, Sherlock Holmes fume trois sortes de pipes qui sont citées dans trente-cinq de ses aventures.
 
Ainsi, Holmes fume une pipe de bruyère (briar-root pipe) avec un tuyau en ambre (amber stem), décrite comme "vieille" dans "Le Signe des Quatre" et "peu recommandable" (disreputable). Cette pipe est peut-être une pipe ‘Estate’ c'est à dire une pipe d'occasion reconditionnée, achetée à bas prix à l'époque de ses études. Watson ne décrit pas le tuyau en détail, mais Sidney Paget a choisi de dessiner Holmes avec une pipe droite ordinaire.
 
Dans "Le Chien des Baskerville" par exemple, on découvre une pipe en terre noire (black clay pipe), dont la couleur est inabituelle, les pipes en argile étant généralement blanches ou brunes. Celles en terre noire sont nettement plus rares. Mais il est probable qu'elle était blanche à l'origine et est devenue noire et "huileuse" (oily) à cause d'une surutilisation. De plus, Holmes utilise un morceau de charbon chaud sorti de la cheminée pour allumer sa pipe ce qui peut naturellement l'assombrir davantage. Holmes fume sa pipe en terre à l'intérieur.
 
Watson mentionne également une longue pipe en merisier (long cherrywood), cette longue tige au moins trois fois plus longue que la moyenne étant également connue sous le nom de Churchwarden. Procurant une fumée plus fraîche, Holmes l'utilise quand il est d'humeur raisonneuse (argumentative mood) et passe à l'analyse d'un problème.
 
En effet le choix de la pipe est n'est pas anodin. Holmes l'associe toujours en fonction de son humeur ou de son intention.
Ainsi, la difficulté d'une enquête peut se mesurer au nombre de pipes nécessaires, à l'exemple du fameux "problème pour trois pipes" (three-pipe problem) soit cinquante minutes de réflexion, cité dans La Ligue des Rouquins.
Watson raconte que Holmes chasse sa nervosité en fumant et arpentant la pièce.
Il observe aussi que son ami préfère la pipe en terre qu'il fume à la chaîne quand il est d'humeur contemplative comme il l'indique dans six histoires (pensive mood).
Parfois, lorsque le détective réfléchit intensément, il fume une pipe puante. Ainsi, dans "La Vallée de la Peur", Watson annonce qu'il allume "la pipe peu ragoûtante qui était la compagne de ses réflexions les plus profondes".
On peut supposer que Holmes a commencé à fumer pendant ses années universitaires, et est vite devenu accro. Dès sa rencontre avec Watson dans "Une étude en rouge", il l'avertit de sa manie et s'inquiète de savoir si son futur colocataire pourra tolérer l'odeur du tabac fort. Cela ne dérange pas Watson qui fume lui-même du "Ship" et s'intalle avec lui dans l'appartement de Baker Street.
 
Holmes a ses habitudes avec une tendance à la néglicence. Il garde son tabac dans une pantoufle persane et ses cigares dans un seau à charbon à côté de la cheminée (un large seau contenant du charbon pour ravitailler le feu).
On sait aussi que le détective se fournit à Bradley, une boutique située dans Oxford Street, où il achète avec prédilection leur plus fort tabac coupé fin.
LA  TABAGIE  CANONIQUE
 
Sherlock Holmes est un gros fumeur, c'est un fait canonique. Il se définit lui-même comme un intoxiqué du tabac. Il fume cigarettes, cigares, il prise à l'occasion, mais il affectionne particulièrement les pipes dont l'usage dépend de son humeur et de leur destination.
 
Le détective, comme la majorité des gentlemen de l'époque victorienne, fume que ce soit pour les vertus du tabac, par conformité ou tout simplement par plaisir.
 
Autrefois, les effets néfastes du tabac étaient méconnus et au contraire, l'usage du tabac était considéré comme sain pensant que sa fumée prévenait des maladies comme la tuberculose et la pneumonie. Le tabac étant une plante, cela pouvait s'expliquer. Fumer apporte également au détective la clarté d'esprit nécessaire à la résolution de ses enquêtes. Et il en abuse, le terme modération ne pouvant pas s'appliquer à son tabagisme.
 
Watson décrit qu'une fois Holmes a consommé une livre de tabac en l'espace de quelques heures ! En fait c'est un record, un fumeur de pipe moyen en consommant une once ou deux par semaine.
À ce rythme surhumain, le détective serait bien mal en point...  
Casquette de chasse (deerstalker), Macfarlane et pipe calebasse (calabash). Ces clichés se sont peu à peu imposés dans l'esprit du grand public au point de devenir indissociables de l'image de Sherlock Holmes.
 
Le détective est ainsi devenu l'un des fumeurs de pipe les plus emblématiques de l'histoire !
Enfin, Sherlock Holmes est un expert en tabac. Il a publié une monographie consacrée à l'identification des cendres de tabac. Cette étude d'une haute valeur criminologique s'intitule "Sur la Discrimination entre les Différents Tabacs" ("Upon the Distinction Between the Ashes of the Various Tobaccos"). Elle répertorie cent quarante variétés de cigares, cigarettes et tabacs et les différents aspects de leurs cendres illustrés par des reproductions en couleurs. Ce travail encyclopédique lui sera maintes fois utile dans ses enquêtes.
LA  LÉGENDE  DE  LA  CALEBASSE
 
Comment la calebasse est-elle devenue "LA" pipe de Sherlock Holmes ?
 
Selon la légende, l'acteur américain William Gillette qui fut le premier interprète au théâtre du célèbre détective, aurait imposé la fameuse pipe. À la première de la production londonienne de sa pièce le 9 septembre 1901, Conan Doyle autorisa Gillette à fumer une pipe calebasse en écume de mer.
En effet à la scène comme à l'écran, l'acteur refusait de fumer la longue pipe droite classique. Plusieurs raisons sont invoquées : il trouvait qu'elle n'allait pas avec sa silhouette, qu'elle le gênait pour parler et probablement, il la considérait comme trop "populaire" car sa forme droite s'apparentait aux modestes pipes de terre communément répandues.
D'autre part, Gillette voulait que Holmes ait des attributs très repérables sur scène en l'occurrence le chapeau et la pipe. La calebasse était parfaite par sa couleur, son volume et son imposant panache de fumée qui la rendaient très visible.
 
Pourtant rien ne confirme que William Gillette ait bel et bien fumé cette pipe, ni dessin, ni photo de ses interprétations, ni illustration, ni article de l'époque, ni même la seule adaptation cinématographique de sa pièce où l'acteur fume une pipe en bruyère recourbée.
 
Ce n'est peut-être qu'une légende...
 
La plus ancienne apparition de la pipe calebasse associée à l'image de Sherlock Holmes, a été trouvée par Robert S. Ennis et date de l’année 1936. Dans le film The Nitwits, Robert Woolsey, de la troupe de vaudeville Wheeler and Woolsey, apparaît avec une deerstalker et une calebasse à la bouche sur une photographie publiée dans le Los Angeles Times le 7 avril 1936.
La première iconographie de Sherlock Holmes avec une calebasse est donc parodique à l'origine !
 
L'enquête reste ouverte...
 
LE CLICHÉ S'IMPOSE
 
Toujours est-il que le succès de cette forme de pipe courbée  fut immédiat.
 
La longueur de la pipe à tige droite met les dents à rude épreuve, rendant un discours clair sur scène presque impossible et exige que les mains se déplacent vers le visage pour la tenir. Ces points préjudiciables sur le public inquiétaient acteurs, réalisateurs ou cinéastes.
 
Pour des raisons techniques et de confort, la plupart des acteurs à la scène ou à l'écran optèrent donc pour une pipe incurvée qui permet de parler en fumant puisque la largeur du tuyau diminue l'effet de levier sur les dents, créant une sensation de légèreté et d'équilibre. Elle permet aussi l'utilisation d'autres objets, une loupe par exemple, ou la lecture d'une lettre.
 
Dès lors, de nombreuses adaptations au cinéma présentent Holmes avec une calebasse. Les interprètres John Neville, Michael Caine, Christopher Plummer, Roger Moore, John Wood, Leonard Nimoy, Robert Stephens... ont arboré l'encombrante et emblématique calebasse. De même dans la plupart des comédies ou parodies, celles avec Laurel et Hardy par exemple.
 
Les adaptations holmésiennes les plus fidèles ont généralement utilisé une pipe traditionnelle en bruyère droite ou recourbée. Au cinéma et au théâtre, des acteurs tels que Ellie Norwood, John Barrymore et Basil Rathbone fument toujours une pipe canonique.
 
La production de Granada était donc confrontée à un dilemme : respecter les écrits de Conan Doyle, sans pour autant briser la tradition. On trouva un compromis en montrant Holmes fumer systématiquement une pipe canonique, sauf une seule fois en Suisse, une pipe calebasse, dans le Dernier Problème.
Pipes en terre
 
Les pipes en terre sont faites d'une seule pièce d'argile consistante, ce qui les rend extrêmement fragiles. Elles sont légères et absorbent l'humidité. Les pipes traditionnelles ne sont plus fabriquées de nos jours, on trouve encore des pipes de terre coulées. La pipe en terre donne une bonne fumée car elle brûle à froid et ne donne aucune saveur au tabac, tout en étant agréable dans la main.