KNIGHT ERRANT : Memoirs of a Vagabond ActorAu cours d'une période très difficile de sa vie:
"Les seuls vrais amis fidèles, que j'ai eus à travers tout cela, furent Christopher Downes, que Maggie aimait beaucoup et Jeremy Brett, que Maggie n'aimait pas du tout [...] Jeremy me conduisit à la maison de repos, où tout d'abord on ne m'accepta pas car j'étais ivre. J'étais tellement désespéré, que j'avais trouvé une bouteille de vodka dans l'appartement de Jeremy où j'avais passé la nuit précédente, et l'avais bue presque en totalité. Mais finalement on me fit entrer [...] Deux nuits plus tard, j'ai décampé et allais retrouver Jeremy à son théâtre [...] A ce moment-là, Jeremy me prit chez lui et s'occupa de moi. Souvent les gens supposent que nous avons dû être amants, mais notre amitié , forgée dans ces premières années à Manchester, était de beaucoup, plus profonde que cela. "
"Je n'ai jamais été jaloux de quiconque professionnellement, ni de Brando, ni de Larry (Laurence Olivier), ni même de Robert de Niro. Sauf une fois: de Jeremy Brett. Jeremy est mon plus vieux copain, et quand il a joué Danilo dans La Veuve Joyeuse à la télévision avec Mary Costa, la chanteuse d'opéra, il était formidable et il chantait merveilleusement - après trois mois de cours intensifs - il m'a rendu fou de jalousie."

(1) Gentleman Jim est un film américain de Raoul Walsh de 1942 avec Errol Flynn (2) Tarn Bassett épouse de Robert Staphens (1956-67)(3) Gentlemen's Relish est une pièce adaptée du roman 'Kingdom Swann' de Miles Gibson, relative à un pornographe et photographe victorien(4) L'Astoria était situé à Charing Cross Road, Londres

Ces extraits du livre de Robert Stephens montrent combien Jeremy Brett était un ami fidèle et toujours prêt à aider les autres.
"I was a tall, dark and not very handsome young man by that time. I always thought I was rather plain, in fact[...]The person I thought was handsome when I met him in Manchester was Jeremy Brett. That was a young handsome leading man, a Gentleman Jim type. I never was one of those."
"The actor Jeremy Brett, with whom I have been close friends since our days in repertory in Manchester in the early 1950's, was kind enough to describe me once as "a fairly nice old sweetheart from Bristol", and I daresay that sums it up."
"And their was the unfortunate headline in the same newspaper referring to "The-have-a-cigarette Othello." On the first night, Cassio, played by Jeremy Brett, offered me (Iago) a cigarette that had slipped my mind altogether. I was looking the other way when I heard Jeremy utter the un-Shakespearian invitation to 'have a cigarette." [...] The Othello was a Welsh actor called Brendan Barry who was a little out of his depth in the role[...]When he fell into Othello's epileptic fit, Cassio (Jeremy) forgot to make his entrance, so after my evil imprecations, I just left old Brendan lying there on the stage and went off to the dressing room to find Jeremy."
"Jeremy Brett was the juvenile lead and he quickly became my best friend. We have looked out for eachother ever since those days. Jeremy was gorgeous, simply irresistible. Being a country bumpkin, I had never met anyone so elegant, so charming, so 'Etonian'. He had, of course, been to Eton. And like Tarn, Jeremy's family background was both impeccable and military. I was entranced."
"Jeremy, although I scarcely appreciated it at the time, was having trouble. He was far too young for his leading lady and was about to be sacked. He always says that he was moved and touched when I appeared because I had this vulnerable, slightly stooped appearance, and I was both benign and gentle, which is true. I was also overweight, because the landlady at Preston had fed us all very well."

A l'occasion d'une désastreuse fête d'anniversaire qui eut lieu alors que commençait à décliner son mariage avec Maggie Smith:
"Je réservai une table sur la terrasse du Meridiana [...] Il faisait absolument glacial. Les serveurs n'étaient pas à leur maximum. La nourriture n'était pas chaude. A un moment donné, Jeremy traversa la route vers le square de Queen Elm pour rapporter une pile de vieux pulls pour tout le monde [...] Nous sommes tous retournés à la maison pour nous réchauffer et boire encore un peu. Jeremy mit son propre disque de La Veuve Joyeuse et fut assez gentil pour commencer à chanter avec lui-même. Maggie était vraiment très fâchée ... "
RETOUR"En ce temps-là, j'étais un jeune homme grand, brun, et pas vraiment beau garçon. En fait, j'ai toujours pensé que j'étais plutôt quelconque [...] Pour moi, Jeremy Brett, quand je l'ai rencontré à Manchester, était un bel homme. C'était un beau jeune homme dans le genre premier rôle à la Gentleman Jim (1). Je ne fus jamais l'un d'eux."
"L'acteur Jeremy Brett, dont j'ai été l'ami intime depuis nos années de théâtre à Manchester, au début des années 1950, fut bien aimable pour me décrire une fois comme un "vieux chéri de Bristol plutôt gentil" et je dirais que cela résume tout."
"Et il y eut le malheureux gros titre dans le même journal se référant au "Prendre-une-cigarette" de Othello. La première nuit, Cassio, joué par Jeremy Brett, m'offrait (Iago) une cigarette, ce qui m'était complètement sorti de l'esprit. Je regardais de l'autre côté quand j'entendis Jeremy lancer l'invitation non-shakespearienne de "prendre une cigarette " [...] L'acteur qui jouait Othello était un gallois, nommé Brendan Barry, qui perdait un peu pied dans ce rôle. [...] Quand il joua la crise d'épilepsie d'Othello, Cassio (Jeremy) oublia de faire son entrée, aussi, après mes funestes imprécations, j'abandonnais tout simplement le vieux Brendan, gisant là sur scène, et allais retrouver Jeremy au vestiaire."
"Jeremy Brett était le jeune premier et il devint rapidement mon meilleur ami. Nous sommes toujours restés en rapport l'un avec l'autre depuis ces jours-là. Jeremy était magnifique, tout simplement irrésistible. En tant que péquenaud, je n'avais jamais rencontré quelqu'un de si élégant, si charmant, si 'Etonien'. Evidemment, il était allé à Eton. Et comme Tarn (2), Jeremy avait des origines familiales à la fois irréprochables et militaires. J'étais fasciné."
"Bien qu'à l'époque je ne m'en sois guère rendu compte, Jeremy commençait à avoir des ennuis. Il était beaucoup trop jeune par rapport à son actrice principale et fut sur le point d'être renvoyé. Il a toujours dit qu'il s'était senti ému et touché quand je suis apparu, à cause de mon aspect vulnérable, légèrement voûté et du fait que j'étais à la fois bienveillant et doux, ce qui est vrai. J'étais également en surpoids car notre logeuse à Preston nous avait tous nourri très copieusement."
"Jeremy se réfugiait auprès de moi et de Tarn. Nous devinrent les meilleurs amis, inséparables. Il était terriblement beau garçon et en a toujours souffert. A l'école, il était connu comme 'la cocotte d'Eton' parce qu'il chantait comme Elisabeth Schwarzkopf, mais il dégageait tous les mauvais signaux vers des hommes peu recommandables qui continuaient d'essayer de le draguer. Et j'étais le Gentleman's Relish (3) qui s'asseyait entre lui et les vieux pédés plutôt balourds dans l'assemblée. Je le sortais de là et nous nous lièrent en tant qu'amis platoniques, jamais partenaires sexuels. Nous nivelions les classes sociales entre nous. "
"J'ai emménagé avec Jeremy Brett au dessus du dancing de l'Astoria (4). L'enseigne était éclairée la nuit [...] Jeremy avait deux chambres au dessus de la dernière lettre 'A'. [...] Il y avait des bagarres en bas dans la salle tous les week-end . Jamais entre moi et Jeremy, qui était, et reste mon ami le plus cher. Aucun de nous ne serait descendu au moment où se déroulaient ces épouvantables bagarres, au risque d'être piétiné à mort. Ce n'était pas une existence très glorieuse, mais nous étions toujours en train de rire aux élats. Bien entendu, nous allions régulièrement au pub, et tous les vendredis soir, nous nous offrions un curry très épicé ".
"En Juin 1955, Jeremy partit tourner le film de King Vidor, Guerre et Paix, avec Audrey Hepburn et Henry Fonda. Je trouvai une lettre d'adieu dans le roman et la lui donna à lire dans l'avion. Il me dit combien il était touché et très gentiment dit à Tarn et moi, que, si nous pouvions trouver nos billets dans les trois prochaines semaines de congé, il paierait tous nos frais. Ainsi nous sommes allés à Rome, une ville que j'ai adorée sans réserve depuis ce jour-là, et nous étions logés dans un appartement avec la fille de Robert Graves, Diana. Jeremy, qu'il soit béni, a pris sur son propre salaire pour nous donner de l'argent de poche."

Traduction française CHEVALIER ERRANT : Mémoires d'un Acteur Vagabond Extraits de l'autobiographie de Robert Stephens
"Jeremy snuggled up to me and to Tarn. We became inseparable best friends. He was terribly good-looking and always suffered for it. At school he was known as 'the tart of Eton' because he sang like Elizabeth Schwarzkopf, but was giving out all the wrong signals to unsuitable men who kept trying to pick him up. And I was the gentleman's relish who sat between him and the rather heavy old queers in the company. I winkled him out and we bonded-as platonic friends, never sexual partners. We balanced up the classes between us."
"I moved in with Jeremy Brett over the Astoria Ballroom. The lettering used to light up at night[...] Jeremy had two rooms over the last 'A'. [...] There were fights downstairs in the ballroom every weekend. Not between me and Jeremy, who was and remains my dearest friend. Neither of us would go down when these terrible fights were going on, in case we were trampled to death. It wasn't a very glamorous life, but we were always screaming with laughter. We went regularly to the pub, of course and every Friday night we'd treat ourselves to a strong hot curry."
"In June 1955, Jeremy went off to make the King Vidor film of War and Peace, with Audrey Hepburn and Henry Fonda. I found a letter of farewell from the book and gave it to him to read on the plane. He told me how touched he was and very kindly said to Tarn and I that, if we could find our fares in the next three weeks break, he would pay all our expenses. So we went to Rome, a city which I have adored unreservedly from that day to this, and we were billeted in a flat with Robert Graves' daughter, Diana. Jeremy, bless his heart, gave us pocket money from his own salary."
On the occasion of a disastrous birthday celebration and the beginning of the decline in his marriage to Maggie Smith:
"I booked a table on the patio in the Meridiana [...] It was absolutely freezing cold. the waiters were not at their best. The food was not hot. Jeremy at one point popped over the road to Queen Elm's Square to bring a pile of old sweaters for everyone[...] We all went back to the house to warm ourselves up and drink some more. Jeremy put on his own record of The Merry Widow and was kind enough to start singing along with himself. Maggie was very cross indeed... "
During a very difficult time in his life:
"The only really constant friends I had through all this were Christopher Downes, whom Maggie liked very much and Jeremy Brett, whom Maggie did not like at all [...] Jeremy took me to the nursing home, where they wouldn't accept me at first because I was drunk. I was so desperate I had found a bottle of vodka in Jeremy's flat where I had stayed the night before, and swallowed most of it. But eventually they took me in [...] Two nights later I skipped out and went to find Jeremy at his theatre [...] At this point Jeremy took me home and looked after me.People often assume that we must have been lovers, but our friendship, forged in those early days in Manchester went far deeper than that."
"I have never been professionally jealous of anyone, not Brando, not Larry(Olivier), not Robert de Niro . Except once: of Jeremy Brett. Jeremy is my oldest pal, and when he played Danilo in The Merry Widow on television with Mary Costa, the opera singer, he looked fantastic and he sang beautifully - after a three month crash course - he drove me crazy with jealousy.”


 
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