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Lettre d'adieu de Sherlock Holmes
PR. JAMES MORIARTY
Dès le départ, Michael Cox avait son idée sur l'acteur qui serait un Moriarty idéal : "Si Eric Porter avait refusé, j'aurais eu des difficultés à faire un second choix. Quand il nous a rejoint, je lui ai demandé pourquoi il avait accepté d'avoir un rôle relativement peu important. Il répondit : "Je collectionne les rôles de grands méchants britanniques. Je ne pouvais pas résister à ce monstre."  Effectivement comment décliner d'incarner l'un des plus grands criminels de histoire littéraire ? Eric Porter donne toute sa densité au "Napoléon du crime" avec sa démarche ondulante, sa prestance, ses expressions diaboliques propres à inspirer  le dégoût et la crainte. "Moriarty est vraiment un personnage d'une complexité incroyable - tout aussi obsédé et mû par son obsession que Holmes - que même au cours de sa brève apparition dans "Le Dernier Problème", il existe encore d'infinies possibilités d'interprétation pour un acteur. Je me suis toujours dit que les précédentes représentations de Moriarty manquaient de réelle profondeur. Il était uniquement joué comme un criminel dégénéré sans l'esquisse d'une tentative pour montrer ses véritables motivations, ego et fierté, qui le conduisent à se confronter avec Holmes afin de prouver qui des deux est le meilleur." En conclusion : "Jouer avec Jeremy Brett était aussi un magnifique défi, car il était si profondément impliqué dans Holmes qu'il comprenait le moindre des nerfs et des fibres de l'homme. J'aime à penser que j'ai apporté une contribution intéressante à l'interprétation de Moriarty, bien que, comme Jeremy, j'aie eu peine à supporter de voir les deux cascadeurs se jeter dans le gouffre."
Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
Réalisateur : Alan Grint
Scénariste : John Hawkesworth
Décorateur : Tim Wilding
Musique : Patrick Gowers
13ème épisode tourné
Série 2 : 6/6
1ère diffusion : Angleterre: 29 sept 1985 - ITV Network (13ème épisode diffusé); Etats Unis: 13 mars 1986 - WGBH; France: 19 mars 1989 - FR3 (13ème épisode diffusé)
Durée: 51 min
L'HISTOIRE
(Décembre 1893)
Au printemps 1891, Watson rentre à  Baker Street pour retrouver Sherlock Holmes qui vient de passer quatre mois sur le continent. Le détective fait une entrée surprenante par la fenêtre et lui raconte comment il vient de réchapper à une série de tentatives de meurtre, commanditée par le professeur James Moriarty.
Engagé par le gouvernement français pour retrouver la Joconde dérobée au Musée du Louvre, Holmes vient de retrouver le chef d'œuvre et de démanteler le trafic de faux tableaux orchestré par Moriarty. Dès lors, le détective est devenu une entrave aux agissements et à la liberté même de ce criminel génial et machiavélique, surnommé "Le Napoléon du crime".
Pour la première fois, Moriarty décide de s'expliquer avec Holmes face à face et se rend en personne à Baker Street. L'entretien est tendu. Chacun campe sur ses positions et tout compromis est impossible. En partant, Moriarty promet à Holmes une inévitable destruction. Le détective demande à Watson de l'accompagner en Europe jusqu'au démantèlement de l'organisation, puis repart secrètement comme il était venu.
Après de nombreuses péripéties, les deux amis atteignent Meiringen, en Suisse. Mais le danger menace toujours et Moriarty veille. Au moyen d'une fausse lettre, il résout Watson à revenir d'urgence à l'hôtel, laissant Holmes seul, face à son destin.
En haut des chutes vertigineuses de Reichenbach, cadre grandiose et terrifiant propice à une fin dramatique, Holmes et Moriarty s’empoignent dans un corps à corps et basculent ensemble au fond du gouffre, ce 4 mai 1891. Watson ne retrouve sur place que l’alpenstock de Holmes et son message rédigé à la hâte. De retour à Londres, seul et accablé, il rédige ses dernières lignes sur la fin tragique de son ami.
ÉCHOS DE TOURNAGE
John Hawkesworth a eu l'idée de l'enquête parisienne qui n'existe pas dans la nouvelle, et de l'implication de Moriarty dans le vol de la Mona Lisa. Ce scénario accrédite la machination diabolique et la puissance criminelle dont est capable Moriarty ainsi que sa détermination à éliminer Holmes. On y voit ce dernier décoré de la légion d'Honneur. Le détective a bel et bien reçu cette décoration, mais 3 ans plus tard en 1894, pour l'arrestation d'Huret. Dix ans après le tournage de cette scène, l'Etat français accepta la demande de la Société Sherlock Holmes de France de remettre la Légion d'Honneur à Jeremy Brett qui malheureusement décéda trop tôt pour la rtecevoir. Les critiques furent très élogieuses à l'égard du téléfilm et le public vibra d'émotion jusqu'à la dernière image de Watson désespéré par la perte de son ami, accompagnée par les sanglots déchirants d'un violon. Cet épisode clôt en apothéose "Les Aventures de Sherlock Holmes".
L'ÉPISODE MYTHIQUE
"Le Dernier Problème" est une histoire très particulière pour les holmésiens puisqu'elle raconte la mythique confrontation entre Holmes et Moriarty (la première dans le Canon) et la disparition du détective aux chutes de Reichenbach.
Son originalité tient aussi du fait que contrairement à l'ordinaire, il n'y a pas d'enquête sur une affaire soumise par un client ni de crime mystérieux, mais bel et bien Holmes qui tente d'échapper à sa propre destruction.
C'est une sorte de course poursuite entre les deux ennemis mortels, proie et prédateur étant d'égale stature. L'épisode est aussi un captivant récit de voyage. Il nous entraîne dans un périple magnifique dans les Alpes suisses, et nous dépayse superbement. La nature enchanteresse et le charme du séjour contrastent avec la tension toujours présente, la menace qui plane à chaque instant.
Le paysage prend une connotation plus inquiétante et bientôt effrayante aux chutes de Reichenbach. On pressent que le drame est imminent dans ce théâtre dantesque.
Conan Doyle: Le Problème final 
Les Aventures de Sherlock Holmes  (1984–1985)
LA PIPE CALABASH
Dans l'imagerie populaire, Holmes est toujours représenté avec un deerstalker (la fameuse casquette de chasse à double visière) et une lourde pipe recourbée appelée Calabash (calebasse). Contrairement à la représentation mythique, Conan Doyle ne fait jamais mention de cette pipe dans ses écrits. Jeremy, qui a toujours eu la volonté de rester le plus fidèle possible à l'œuvre originale, a dérogé pour une fois à cette règle, et a choisi de fumer la Calabash dans les montagnes suisses, alors qu'il savait pertinemment qu'à la date du roman en 1891, la pipe n'était pas encore introduite en Angleterre. La calebasse apparut à partir de 1900 avec le retour des militaires de la guerre des Boers en Afrique du Sud. Par contre Jeremy, qui détestait porter le deerstalker, lui préféra un feutre dans l'épisode.
ÉCHOS DE TOURNAGE
Dans cet épisode, Jeremy revêt l'un de ses déguisements les plus étonnants, celui d’un vénérable prêtre italien, dans le train qui le conduit avec Watson vers le continent. Il raconta qu'il fallait plus de deux heures de maquillage pour placer le faux nez et tout le reste; ainsi il devait être sûr d'avoir réussi la prise quand il enlevait son déguisement d'un coup dans le compartiment, devant Watson médusé. Sinon, il fallait à nouveau deux heures de maquillage pour tout remettre en place et faire une autre prise. Heureusement la première fut la bonne.
 
Il n'en fut pas de même pendant le corps à corps entre Holmes et Moriarty.
Six prises furent nécessaires. Au fur et à mesure, plus le tournage se prolongeait, plus les acteurs étaient trempés. Et Jeremy se souvient d'avoir terriblement souffert du dos, car mouillé, Eric Porter pesait au moins 6 kilos de plus ! Jeremy garda un souvenir pénible du tournage de cette lutte, qui eut réellement lieu à quelques mètres du sommet des chutes. Ce fut une expérience très désagréable car chaque fois qu'il regardait en bas, il en avait la nausée...
LA "MORT" DE SHERLOCK HOLMES
Conan Doyle, établi comme ophtalmologue à Londres depuis 1891, consacrait tout son temps libre à l'écriture, ne recevant aucun patient, comme il le dit dans son autobiographie. Malgré le succès foudroyant des Aventures de Sherlock Holmes, il souhaitait que son nom demeure associé à des œuvres littéraires "sérieuses". Ainsi en novembre 1891, il écrivit à sa mère : "Je réfléchis à tuer Holmes... le liquider corps et âme. Il me détourne l'esprit des meilleures choses". Il l'avait prévenue qu'il envisageait la mort de son héros encombrant dans la sixième aventure. Mme Doyle lui répondit : "Faites comme bon vous semble, mais le public ne le prendra pas de gaieté de cœur" et elle se mit alors en peine de lui trouver des intrigues. Elle proposa notamment les Hêtres-Rouges, et grâce à ses supplications, Sherlock Holmes obtint un sursis. Finalement en décembre 1893, son créateur jugea qu'il l’accaparait trop et lui faisait perdre le temps qu'il aurait pu consacrer à ses œuvres importantes et ses romans historiques. A cause du succès de Holmes, il n'avait pu réellement se vouer à sa passion pour l'histoire. Il décida de le faire disparaître dramatiquement, en lui infligeant un plongeon mortel du haut des chutes du Reichenbach, près de Meiringen, dans "Le Dernier Problème". Quelques années plus tard, rattrapé par le succès et les enjeux financiers, il sera contraint de rendre vie à Sherlock Holmes...
LE GRAND SAUT
Pour cet épisode particulier, Michael Cox était bien déterminé à tourner les scènes spectaculaires sur les sites mêmes où elles se déroulent dans la nouvelle du Canon, et à filmer la chute des deux ennemis. Toute l'équipe s'installa donc en Suisse pendant plusieurs semaines en 1985. Ce choix donne toute sa véracité à l'épisode. Il crée un écrin d'une beauté sauvage pour la montée en puissance du drame, lui donnant une dimension quasi épique. La totalité des scènes n'a pas été filmée aux chutes de Reichenbach. Le face à face entre Holmes et Moriarty, par exemple, a été tourné sur le pont de bois de Giessbach. Mais le moment clé est bien sûr l'impressionnante chute dans le gouffre infernal de Reichenbach ! Jeremy et son partenaire Eric Porter  ont été doublés par deux cascadeurs. Pour une fois Jeremy a préféré passer la main... La préparation a exigé d'importants moyens techniques pour réaliser cette dangereuse cascade en toute sécurité. Cinq jours ont été nécessaires pour construire la structure en surplomb et tout le dispositif de suspension, puis effectuer des tests avec des sacs de sable. Le jour J, les deux cascadeurs se se jetèrent dans le vide, suspendus à des câbles d'acier. Les deux hommes ont effectué ont effectué, à la vitesse de 48 km/h, un saut de 112m, qui a duré 25 secondes ! Jeremy les attendait en bas avec une bouteille de champagne pour les réconforter après cette chute vertigineuse. C'est un moment spectaculaire dans la série, surtout quand on sait que ce sont des hommes qui ont sauté et non des mannequins.
DUEL AU SOMMET
L'épisode montre des scènes très fortes, en particulier les confrontations entre Holmes et Moriarty. Leur face à face à Baker Street est l'une des scènes les plus intenses de toute la série. Les deux acteurs, entièrement possédés par leur personnage, dégagent une vraie puisssance émotionnelle. On sent la tension exacerbée entre les deux ennemis mortels, qui se jaugent, se défient du regard puis s'affrontent verbalement. Dans cet échange policé, chaque phrase est cinglante, chaque mot prend une connotation inquiétante (anéantissement, destruction, danger...) rendant la situation inextricable, et accroît la tension dramatique. Pour la première fois, on ressent la peur qu'éprouve le détective, lui qui généralement n'a peur de rien et ne fait que peu de cas de sa propre sécurité. Cette fois, sa peur est justifiée. En voyant entrer Moriarty, il comprend immédiatement que la situation présente de graves dangers. Il sait à qui il se mesure. La partie est peut être trop difficile pour lui et il semble pressentir un dénouement inévitablement tragique.  Une fois la tension retombée après le départ de Moriarty, Holmes resserre sa robe de chambre contre lui en frissonnant, révélant ainsi toute sa fragilité et observe avec appréhension derrière sa fenêtre son ennemi mortel, qui le fixe d'un regard noir lourd de sens.
Jeremy Brett ...  Sherlock Holmes
David Burke ...  Dr. John Watson
Eric Porter ...  Moriarty
Rosalie Williams ...  Mrs. Hudson
Olivier Pierre ...  Directeur du Louvre
Claude Le Saché ...  Ministre de l'Intérieur
Michael Goldie ...  Artiste peintre
Paul Humpoletz ...  Herr Steiler
Le Dernier Problème
The Final Problem
Saison  1 - Épisode 13 (1985)
PHOTOS DE PRESSE ET DE TOURNAGE
Professeur James Moriarty
Reichenbach Falls
Docteur Holmes et Mister Moriarty
 CLIP "La chute"
Les Pipes de Sherlock Holmes
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