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Le Retour de Sherlock Holmes (1986–1988)
LE HÉROS RESSUSCITÉ
Cette histoire est essentielle dans le Canon, puisqu'elle ressuscite Sherlock Holmes après trois ans d'absence. Cette période de 1891 à 1894 pendant laquelle Holmes se fait passer pour mort, est appelée le "Grand Hiatus". Il revient finalement à Londres pour affronter une fois pour toute les derniers complices de Moriarty qui le surveillent en permanence et le traquent sans relâche.
En réapparaissant à l'écran, on retrouve un Holmes plus profond, pénétré et mûri par les événements. Jeremy mit beaucoup de son expérience personnelle dans le nouvel Holmes, plus sombre et tourné vers la spiritualité. Il venait en effet de perdre sa femme Joan d'un cancer à peine deux mois auparavant.
Autre changement majeur, les téléspectateurs découvrent dès l'ouverture de cette troisième saison en 1986, le nouveau Watson.
David Burke avait quitté la série pour motifs personnels souhaitant se consacrer à son épouse et leur fils qui venait de naître. Jeremy Brett perdait un ami cher, mais ne perdit pas au change en gagnant un ami intime et fidèle avec Edward Hardwicke.
Ce dernier a la lourde responsabilité de reprendre le rôle de son prédécesseur et d'affirmer son style. Son personnage, plus posé et mature, à l'aspect physique plus âgé, correspond parfaitement à la propre évolution de Watson et de celle du détective.
UN ÉPISODE CRUCIAL
Comme dans la première saison avec David Burke, ce premier épisode dans lequel apparaît Edward Hardwicke n'est pas le premier filmé, mais le quatrième (le premier étant Abbey Grange).
Cet épisode est crucial par ses nombreuses scènes très chargées en émotion et la grande complicité entre les deux partenaires. En particulier les retrouvailles étant essentielles, les deux acteurs devaient se sentir parfaitement en phase. Il fallait donc donner le temps aux comédiens de prendre leurs marques ensemble et à Edward Hardwicke de se sentir parfaitement à l'aise dans son personnage.
 
L'histoire nous fait passer par toutes sortes d'émotions, de l'émotion intense à l'émotion du danger ! Moments nostalgiques au début, touchants et charmants lors des retrouvailles avec Watson et Mrs Hudson, moments tendus dans l'obscurité de Candem House, moments de suspense allant crescendo jusqu'à la lutte contre le colonel Moran qui apporte dynamisme et action.
L'épisode nous offre également l'une des plus belles métamorphoses de Holmes sous l'apparence d'un vieux bouquiniste voûté et claudicant. Dans la V.O. Jeremy a rendu sa voix quasi méconnaissable et il est impossible de le reconnaître physiquement ! Sa performance est remarquable, même si la transformation théâtrale en un éclair de Holmes redevenu lui-même est peu crédible. À moins qu'il ne s'agisse de l'un de ses tours de magie ?
ÉCHOS DE TOURNAGE
Patrick Allen (Sebastian Moran) trouvait la tirade canonique "rusé démon, démon de l'enfer..." trop mélodramatique. Le script fut donc légèrement modifié, perdant également la citation shakespearienne de Holmes issue de la Nuit des Rois (Twelfth Night) :"Journeys end in lovers' meeting" (les voyages se terminent par la rencontre des amants).
À la fin de la saison précédente pendant le tournage du "Dernier Problème" à Meiringen, l'équipe avait prévu de filmer des plans supplémentaires. C'était une simple précaution car l'avenir de la série et de sa suite suite restait encore incertain à cette époque. Dans les bobines se trouvaient donc plusieurs scènes qui purent être directement utilisées dans l'épisode de "La Maison Vide" :  celles de la lutte entre Holmes et Moriarty montrant en particulier ce qui s'est réellement passé aux chutes du Reichenbach et comment Holmes a pu se sortir indemne, et les autres scènes avec Holmes une fois resté seul, dissimulé sous les rochers puis fuyant à travers les pentes abruptes sous les tirs du colonel Moran.
Par contre, toutes les séquences montrant Watson confronté à la disparition de son ami furent tournées en 1985 dans le nord du pays de Galles.
Une fois revenu à lui, il veut tout savoir avec un enthousiasme non contenu. On sent l’amitié renaître à nouveau entre les deux hommes comme s'ils s'étaient quittés la veille, une relation intacte et indéfectible qui a résisté à la mort.
 
Holmes explique longuement ce qu’il a fait durant ces 3 années et surtout pourquoi il a choisi de jouer au mort ne mettant dans le secret que, seul, son frère Mycroft. Face à la réaction attristée de Watson comprenant que son ami accorde plus de confiance à son frère qu'à lui-même, le détective, très ému, ajoute qu'il a eu maintes fois envie de le mettre au courant mais que Watson a le cœur trop tendre.
 
Holmes s'en veut et se justifie, c'était uniquement pour le protéger, Watson étant trop sensible pour ne rien laisser transparaitre. S’il n’avait pas cru réellement à sa mort, comment son hagiographe aurait-il pu raconter l'histoire tragique du Reichenbach ? C'est encore bouleversé qu'il se remémore ce bref instant où il décida de dire adieu à son cher ami.
Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
Réalisateur : Howard Baker
Scénariste : John Hawkesworth
Décorateur : Margaret Coombes
Musique : Patrick Gowers
17ème épisode tourné
1ère diffusion : Angleterre: 9 juil. 1986 - ITV Network (14ème épisode diffusé); Etats Unis: 5 fev. 1987 - WGHBH ; France: 16 avril 1989 - FR3 (17ème épisode diffusé)
Durée: 50 min 35 sec
Jeremy Brett ...  Sherlock Holmes
Edward Hardwicke ...  Dr. John Watson
Rosalie Williams ...  Mrs. Hudson
Colin Jeavons ...  Inspector Lestrade
Robert Addie ...  Mr. Murray
Patrick Allen ...  Colonel Sebastian Moran
Richard Bebb ...  Sir John Hardy
Naomi Buch... The Countess of Maynooth
Paul Lacoux ...  The Hon Ronald Adair
Eric Porter ...  Professor Moriarty
Roger Rowland ...  Butler
L'HISTOIRE
(26 Septembre 1903)
Depuis trois ans, le docteur Watson porte le deuil de son ami Sherlock Holmes englouti dans les chutes de Reichenbach pendant la lutte qui l'opposât à son ennemi juré Moriarty, près du village suisse de Meiringen.
Au printemps 1894, l’inspecteur Lestrade sollicite ses services de médecin légiste pour le meurtre de Sir Ronald Adair, jeune aristocrate amateur de cartes. Tous deux regrettent l'absence du détective qui aurait démêlé les circonstances inexplicables de cette mort.
En sortant songeur du tribunal où le procès n’a rien révélé, Watson est bousculé par un vieillard bibliophile d’allure peu amène. Quelques instants plus tard ce dernier force sa porte pour s'excuser et s'avère être… Holmes ! Watson s’évanouit sous le choc.
Son ami est bel et bien vivant devant lui ! Mort aux yeux du monde, Holmes a mené une vie secrète, parcourant le monde (Norvège, Tibet, Lhassa, Kartoum, France…) fuyant un dangereux agent de Moriarty qui n'a de cesse d'être à ses trousses pour le tuer. Il est temps de mettre enfin un terme à cette menace.
Une équipée nocturne conduit les deux amis dans une maison vide face au 221b Baker Street. À la fenêtre du célèbre logis, un buste en cire trompera un éventuel assaillant. Une longue nuit de veille les attend. Bientôt, une ombre se glisse, épaule un fusil et tire sur le mannequin. Terrassé par Holmes, l'agresseur se révèle être le colonel Sebastian Moran, l'ancien bras droit de Moriarty. Ce redoutable tireur d’élite a abattu le malheureux Adair par la fenêtre ouverte, grâce à son fusil à vent unique au monde, à cause d'une sordide histoire de tricherie aux cartes.
ÉCHOS DE TOURNAGE
Tandis que Watson crie vainement le nom de son ami au bord du gouffre, celui-ci, accroché à une corniche au sommet des chutes, le voit en contrebas.  Un bref  instant, Holmes semble vouloir lui répondre, puis se ravise. Un long moment, il l'observe avec émotion une dernière fois avant longtemps...
Cette magnifique scène est une idée de Jeremy.
Il s'en expliqua : "C'était délibéré. Ce n'était pas dans le script, mais je voulais montrer que Holmes ressentait de l'affection pour Watson et que l'espace d'une seconde, ses émotions ont presque pris le pas sur sa raison."
Lors du tournage des scènes situées dans les Alpes suisses, Jeremy portait ses bottines favorites dans lesquelles il se sentait si bien et qu'il n'avait jamais quittées depuis le début de la série. Avec le temps, elles présentaient de sérieux signes d'usure, mais malgré tout, il refusa d'en changer. Ses semelles lisses et glissantes devenaient un réel danger sur les flancs escarpés des chutes du Reichenbach.
Son assurance refusa de le prendre en charge tant les risques encourus au bord du gouffre étaient grands. Ce qui n'empêcha pas l'acteur d'escalader et de faire l'équilibriste au-dessus du vide à ses risques et périls !
Épuisé par son long récit et sa traversée en mer pour revenir en Angleterre, Holmes s'allonge sur la table d’auscultation de Watson où il s'endort aussitôt. Tendrement, Watson le couvre pour qu’il n’ait pas froid et le regarde un moment. Il lui a tout pardonné car Watson est bien l'ami fidèle et précieux qui lui porte une grande affection et s'inquiète pour lui. Que va-t-il arriver ? Néanmoins, il est prêt à le suivre à nouveau pour une enquête difficile et terriblement dangereuse.
 
L'épisode nous offre aussi l'adorable scène du retour de Holmes à Baker Street sous les effusions de Mrs Hudson quand elle aperçoit le reflet de son locataire revenu d'entre les morts dans le miroir. D'ordinaire très peu tactile, Holmes se laisse étreindre dans les bras de sa logeuse sans rechigner, lui adressant même quelques tapes amicales. Dans cet épisode, Mrs Hudson a un rôle plus étoffé, des moments touchants pleins de tendresse et de complicité avec son ancien locataire. Fait rare, Holmes la complimente sur ses qualités et reconnait qu'elle se montre "indispensable". Jeremy tenait particulièrement à ces petites répliques et attentions qui mettaient en valeur la logeuse.
 
Dans cette entreprise collégiale - Holmes, Watson et Mrs Hudson - chacun aura son rôle à jouer jusqu'au dénouement final.
Lors de l’élimination du réseau criminel du professeur dans Le Dernier Problème, Moran réussit à échapper à toute mise en accusation et suit son mentor aux chutes du Reichenbach. Témoin de sa mort, il essaye de tuer Holmes en provoquant une avalanche de roches sur lui. Il jure alors de venger son chef et de tuer Holmes.
De retour à Londres, Moran gagne sa vie aux jeux de cartes. Un jour, l’un de ses partenaires de jeu, l'Honorable Ronald Adair, constatant qu'il triche et menaçant de le dénoncer, il l'élimine à l'aide de son fameux fusil à air comprimé silencieux tirant des balles de revolver.
Moran découvre alors que sa proie est de retour à Londres...
 
Patrick Allen est excellent dans ce rôle de vieux militaire désabusé, rempli de morgue et de dédain qui toise tout le monde de haut.
 
Après la mystification de Holmes, Moran  est saisi en flagrant délit à peine le coup de feu tiré dans la tête en cire de Holmes depuis la fenêtre de la maison abandonnée. Même dans ces circonstances, il garde la tête haute et regarde ces adversaires avec défi et mépris.
 
Tout est bien qui finit bien ! Au 221 b, Holmes, Watson et Mrs Hudson, fêtent joyeusement leur succès et retrouvailles en triquant au champagne ! Sur ce dernier plan s'achève ce magnifique épisode, nous promettant la suite des aventures du détective.
CHARGE ÉMOTIONNELLE
Dès le début, Watson, le cœur serré, évoque la mémoire de son ami qu'il croit mort depuis 3 ans après sa chute vertigineuse dans la cascade du Reichenbach. Il a encore les larmes aux yeux en passant devant le 221b. Depuis il travaille avec Lestrade à Scotland Yard. Tous deux évoquent avec nostalgie le temps du grand détective. Lestrade regrette sa disparition et bien que n’approuvant pas toujours ces méthodes, avoue à Watson qu'il considérait "Holmes comme le meilleur amateur qui ait été et peut-être qui sera jamais" tout en ajoutant que le détective s’était révélé parfois plus fin limier que lui !
 
Après ce long préambule qui installe l'intrigue à venir, nous attendons avec impatience le retour de Holmes... qu'on a déjà subrepticement aperçu sans le savoir... Ce dernier ne tarde pas à faire son apparition de façon spectaculaire.
 
Dans le cabinet médical de Watson, les retrouvailles offrent alors de magnifiques scènes, intenses et très émouvantes, subtilement interpretées par les deux acteurs. Watson collapse sous le choc en voyant réapparaître son ami bien vivant en chair et en os !
TENSION ET ACTION
Après ces scènes touchantes et émouvantes, place à l'action ! L'épisode comporte également des moments très tendus et mouvementés..
 
Le guet de Holmes et Watson dans l'obscurité de la maison vide, attise le suspense et rend palpable la tension grandissante des deux hommes dans une attente insoutenable. Enfin le corps à corps enragé entre Holmes et le colonel Moran, puis sa capture, apportent énergie et action.  La lutte est une séquence pleine de punch, l'une des plus spectaculaires de la série !
 
Dans cet épisode nous faisons la connaissance du colonel Sebastian Moran, personnage clé de l'intrigue de La Maison vide. Moran est un ancien militaire de l'Armée des Indes, grand sportif et tireur d’élite, surnommé le "chasseur de tigre". Rapidement, il devint un être malfaisant poursuivant ses activités criminelles avant d'être recruté par le professeur Moriarty. Il est promu associé et "numéro 2" du Napoléon du crime ainsi que son exécuteur attitré grâce à ses talents exceptionnels de tireur au fusil. Holmes le décrit comme étant l’homme le plus dangereux de Londres après Moriarty.
La Maison Vide
The Empty House
Saison  2 - Épisode 1 (1986)
LE RETOUR DU MYTHE
À cause du succès de Sherlock Holmes, Conan Doyle ne pouvait pas se consacrer à sa passion pour l'histoire, ni à des œuvres plus sérieuses à ses yeux.  Il tenta d'abord de décourager ses éditeurs en multipliant les exigences financières. Rien à faire, ils payèrent sans rechigner et réclamèrent de nouvelles aventures, du Holmes, encore du Holmes ! Son triomphe avait même fini par le lasser. Conan Doyle décida donc de liquider le détective corps et âme dans "Le Dernier Problème" en lui infligeant un plongeon spectaculaire et fatal du haut des chutes du Reichenbach en Suisse.
Tout de suite après avoir terminé sa nouvelle, il écrivit à un ami qu'il ne pourrait pas le faire revivre - au moins pour quelques années - et que l'évocation même du nom de Holmes lui donnait la nausée.
Mais dépassé par son succès et les enjeux financiers, l'auteur fut contraint de publier à nouveau les aventures du détective. Sa tranquillité fut compromise par une réaction à laquelle il était loin de s'attendre : la désolation et les protestations des lecteurs réclamant à cor et à cris le retour de leur héros. Des brassards noirs furent arborés dans Piccadilly. La mère de l'écrivain elle-même était consternée.
Si une nouvelle vie commença pour Conan Doyle, il connut en revanche des problèmes financiers qui changèrent la donne. En 1903, un éditeur américain le convainquit par une grosse somme d'argent de ressusciter Sherlock Holmes.
Conan Doyle se remit donc à l'ouvrage et le fit ressurgir du gouffre du Reichenbach dix ans après l'y avoir précipité.
Il expliqua que seul Moriarty avait péri tandis que Holmes se fit passer pour mort. De dangereux ennemis à ses trousses, dont l'exécuteur des basses œuvres du Professeur, le colonel Moran, Holmes "disparaît" ainsi pendant plusieurs années, avant de réapparaître dans "La Maison vide" (qui se nomme Camdem House).
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