EPISODE SUIVANT ALBUM PHOTOS DE L'ÉPISODE PHOTOS DE PRESSE ET DE TOURNAGE EPISODE PRECEDENTÉCHOS DE TOURNAGEMalgré l'intensité dramatique, le film apporte maintes touches d'humour. Les rapports entre les deux frères offrent des moments très amusants. Nous assistons ici à la première apparition de Mycroft Holmes. Charles Gray avait déjà interprété ce rôle en 1976 dans le film "La solution à 7%" tiré du roman de Nicholas Meyer. Il connaissait Jeremy pour avoir fait partie avec lui de la troupe de l'Old Vic Theatre et joué dans la pièce Troilus et Cressida de Shakespeare en 1956-57. Charles Gray était taillé pour interpréter Mycroft avec le profil physique et mental de cet homme, décrit comme corpulent, au visage massif, au regard d'acier et au sourire énigmatique passant de l'aménité à la dureté. Et cet Holmes excelle tout aussi bien que son célèbre cadet dans l'art de la déduction, comme en témoigne leur joute devant la fenêtre. Leurs rapports sont très complices, faits d'émulation intellectuelle et de tendresse fraternelle. Lorsque Mycroft s'avance pour accueillir Melas, Sherlock émerge de sa large stature, donnant l'impression que le jeune frère s'échappe de l'ombre envahissante de son aîné pour reprendre ses prérogatives. En fait les deux personnalités se complètent parfaitement. Mycroft prouve d'ailleurs qu'il peut intervenir activement et efficacement dans l'arrestation de Kemp. Autre touche d'humour, quand nous voyons Holmes, Watson et Mycroft assis dans le train à la poursuite des deux bandits, le détective tire machinalement des bouffées de sa cigarette, dont la fumée enveloppe son visage, devant une pancarte stipulant que "Fumer est strictement interdit dans ce compartiment" !
Le déroulement de l’action répond à la progression habituelle, mais enrichie d'éléments informatifs. Chaque histoire en apporte de plus ou moins importants, mais ici ils sont capitaux. Dès le début, on découvre un pan de la vie privée de Sherlock Holmes, ce qui est fort rare, avec l'existence de son frère aîné. Puis il y a la découverte des clubs, institutions typiques du monde anglo-saxon et spécialement du Club Diogène, club paradoxal puisque s'y réunissent des misanthropes qui ont fait vœu de silence et d'indifférence, et dont Mycroft est l'un des fondateurs. Le Diogene, "le club le plus bizarre de Londes" est magnifiquement reconstitué. Watson n'en croit pas ses yeux lorsqu'il pénètre dans ce sanctuaire. La tension monte ensuite crescendo tout au long de l'épisode. Le récit de l'interprète, son enlèvement, sa découverte du sort du ressortissant Grec prisonnier et torturé, sa tentative de l'aider en trompant les ravisseurs en posant d'autres questions que celles prévues, tout cela crée une grande tension dramatique. Les huis-clos entre Paul Kratides et ses ravisseurs sont particulièrement oppressants. Le malaise des scènes est exacerbé par un contraste saisissant entre le Grec blessé et son kidnappeur. L'inquiétant Kemp affiche en permanence un sourire narquois, des yeux presque enfantins écarquillés derrière ses lunettes rondes. Son langage caustique et son rire sadique renforcent la gêne et le côté sordide de l'histoire. L'équipe du film a gardé les dialogues entre les interlocuteurs anglais et grecs dans leurs langues maternelles, ce qui procure plus de réalisme en accentuant le côté énigmatique, l'impossibilité de communiquer et de se mettre d'accord. La façon de filmer sert bien le drame avec un éclairage très dur et contrasté.
Conan Doyle: L'interprète grecLes Aventures de Sherlock Holmes
VIDEO CLIPL'HISTOIRE (Septembre 1893)Pour la première fois, le docteur Watson entend Sherlock Holmes évoquer sa famille et lui révéler l’existence de son frère Mycroft, de sept ans son aîné. Ce dernier, plus habile que lui mais doué de moins d'énergie, les invite au Club Diogène pour leur soumettre l'affaire étrange d'un interprète grec. M. Melas a été engagé par un certain Harold Latimer pour servir d'interprète entre un Grec et deux Anglais qui les retiennent, lui et sa sœur, contre leur volonté. Conduit de force, les yeux bandés, dans un lieu secret, Melas a été témoin des sévices infligés au Grec, qui par son refus obstiné de signer un document met sa vie en danger. Le détective découvre que cette affaire est liée à l'enlèvement de Paul Kratides par deux malfrats, Latimer et Kemp. Ils veulent contraindre Kratides à marier sa sœur Sofia à Latimer qui l'a séduite et à transférer sa fortune dont il est le curateur. Mycroft a heureusement appris grâce à une annonce, où se trouve la maison des ravisseurs. Holmes y pénètre, découvre Kratides mort, mais sauve in extremis l'interprète de l'asphyxie. Les deux kidnappeurs se sont envolés avec la jeune femme. Holmes, bien décidé à arrêter le trio en partance pour la Grèce, monte dans le même train...
Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty Adaptation : John HawkesworthRéalisateur : Alan GrintScénariste : Derek MarloweDécorateur : Margaret CoombesMusique : Patrick Gowers 9ème épisode tournéSérie 2 : 2/61ère diffusion : Angleterre: 1er sept 1985 - ITV Network (9ème épisode diffusé); Etats Unis: 6 février 1986 - WGBH; France: 19 février 1989 - FR3 (9ème épisode diffusé)Durée: 50 min 25 sec
L'Interprète Grec- The Greek Interpreter-SAISON 1- EPISODE 9
Jeremy Brett ... Sherlock Holmes David Burke ... Dr. John Watson Charles Gray ... Mycroft Holmes Alkis Kritikos ... Mr. Melas Anton Alexander ... Paul Kratides George Costigan ... Wilson Kemp Nicholas Field ... Harold Latimer Victoria Harwood ... Sophy Kratides Rita Howard ... Mrs. Stern Oliver Maguire ... Inspector Gregson
ÉCHOS DE TOURNAGELe comédien qui joue le major Kemp a opté pour ce sourire grimaçant à vous donner la chair de poule et cette voix haut perchée, en pensant à l'acteur Peter Lorre. Pour Michael Cox, l'épisode s'est terminé avec des échos du film "Le Faucon Maltais". L'action devient décisive après l'effraction qui prouve à nouveau que le détective peut se conduire illégalement, en prenant cette fois la précaution d'agir avec un policier de Scotland Yard. L'institution contre laquelle il est en compétition est ridiculisée pour sa lourdeur administrative et sa lenteur. Cette attente insupportable met les nerfs de Holmes à vif (et les nôtres) et malheureusement induit le drame. L'histoire prend alors une tournure violente et mouvementée. Grâce à la rapidité d'intervention de Holmes une vie est sauvée. La poursuite dans le train est une invention des scénaristes. Cet épisode palpitant est d'ailleurs le premier à présenter des changements conséquents par rapport aux écrits de Doyle. En effet Michael Cox voulait étoffer la nouvelle qui se terminait de façon abrupte et opta pour cette fin spectaculaire. Dans l'épisode, Holmes est également conforté dans son attitude misogyne. Ne faisant jamais confiance aux femmes, il en a une véritable aversion. Il est profondément écœuré par l'attitude de Sofia et semble même regretter qu'elle ne puisse pas être condamnée : "L'égoïsme et un manque total de compassion ne sont pas des crimes aux yeux de la Justice" dit-il à Watson.


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ACCUEIL RETOUR.
ÉCHOS DE TOURNAGELes scènes dans le train ont pu voir le jour grâce à la coopération de la compagnie de chemin de fer Bluebell Line à Sheffield Park dans le Sussex. Cette compagnie possède une société de conservation du patrimoine ferroviaire et a offert à l'équipe de tournage un wagon-restaurant d'époque appartenant à la ligne London-Brighton-South Coast Railway et toute une gare victorienne également située à Sheffield Park. Quant au Diogene's Club il a été reconstitué à Tatton Hall dans le Cheshire.La dernière scène sur le quai de gare est splendide et magique. La nuit, une station de chemin de fer noyée dans la brume, Holmes fait soudainement volte-face de manière dramatique, comme seul Jeremy pouvait le faire, et s'éloigne seul. Canne à l'épaule, dans toute sa flamboyante évanescence, il disparaît peu à peu... Où va-t-il ainsi ? Et où peut-il aller ? Nulle part ! La séquence est complètement illogique, car dans cette direction, radicalement opposée à la sortie, il n'a aucune chance de trouver une issue. Cela fait tout le mystère de la scène.
 
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