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Ci-dessous: Jeremy Paul tenant son Prix Edgar Allan Poe pour "Le Rituel des Musgrave" (1988) avec de gauche à droite, Edward Hardwicke, Jeremy Brett et le producteur, Michael Cox.
L'HISTOIRE
(Mai 1893)
Alors qu'il envisageait un ennuyeux séjour au château de Hurlestone dans le Sussex, chez son ancien camarade de collège, Sir Reginald Musgrave, Sherlock Holmes est confronté à une énigme mystérieuse. Héritier d'une ancienne lignée, Musgrave a surpris en pleine nuit son maître d'hôtel Brunton qui examinait le “rituel des Musgrave”, un vieux texte familial constitué d'une série de questions et de réponses qui permettrait de repérer un certain endroit du domaine. Selon Holmes, Brunton est un personnage singulier, éduqué, très érudit, finalement plus intelligent que son maître, et dont on peut s'étonner qu'il se soit satisfait de ce poste subalterne.
Brunton a subitement disparu, et son ancienne fiancée, la femme de chambre, Rachel Howells, se comporte de manière hystérique avant de disparaître à son tour. Les recherches restent vaines, on ne repêche qu'un sac rempli de fragments de métal rouillés dans le lac. Holmes est persuadé que l'obscur rituel est la clé de l'énigme. Un orme, une girouette, une canne à pêche et un peu de trigonométrie, lui permettent de découvrir une trappe secrète où gît le corps de Brunton. A la place du trésor des Musgrave qu'il convoitait, Brunton n'a trouvé que des débris. Trahie, Rachel  s'en est débarrassée après avoir laissé le valet prisonnier de la lourde dalle de pierre rabattue sur lui. Holmes reconstitue alors, à partir des pièces de métal soigneusement nettoyées, la couronne royale des Stuart, datant de l'époque où Sir Ralph Musgrave était gentilhomme du roi Charles II.
Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
Réalisateur : David Carson
Scénariste : Jeremy Paul
Décorateur : Michael Grimes
Musique : Patrick Gowers
15ème épisode tourné
1ère diffusion : Angleterre: 30 juil. 1986 - ITV Network (16ème épisode diffusé); Etats Unis: 19 fev. 1987 - WGHB; France: 2 avril 1989 - FR3 (15ème épisode diffusé)
Durée:  51 min 35 sec
Conan Doyle: Le rituel des Musgrave 
Le Rituel  des Musgrave
The Musgrave Ritual
Saison  2 - Épisode 3 (1986)
PHOTOS DE PRESSE ET DE TOURNAGE
UN CONTE HUMORISTIQUE
Pour le héros doylien, l’enquête est le stimulant idéal. Dès que l'énigme du rituel lui est soumise, Holmes redevient plus actif que jamais. Loin de l'armchair detective, qui résout les énigmes assis dans son fauteuil, il récupère tout son allant et son efficacité.
Holmes se livre à un brillant exercice de logique par la force de sa seule intelligence triomphante. Tel un maître d'école, il interroge ses compères sur les résultats de leurs calculs trigonométriques. Il arpente au pas de charge le parc du château tel un chef d'escadron menant ses deux compagnons obéissants à la baguette, ou plutôt à la canne, qu'il brandit énergiquement. A la fin, il reconstitue le puzzle sous les yeux ébahis de ses compagnons.
Les aspects dramatiques ou sordides de l'histoire, comme l'appât du gain et l'hypocrisie de Brunton, sa trahison vis-à-vis de Rachel qu'il utilise pour parvenir à ses fins, la réaction de celle-ci qui le laisse mourir par vengeance, sont contrebalancés par des situations burlesques et une atmosphère enjouée.
La chasse au trésor devient une comédie très enlevée avec ses situations poussées et humoristiques, ce qui rend cet épisode très attachant et réussi. Un épisode jubilatoire !
Jeremy Brett ...  Sherlock Holmes
Edward Hardwicke ...  Dr. John Watson
James Hazeldine ...  Richard Brunton
Michael Culver ...  Sir Reginald Musgrave
Johanna Kirby ...  Rachel Howells
Teresa Banham ...  Janet Tregallis
Ian Marter ...  Inspector Fereday
Patrick Blackwell ...  Tregallis
VIDEO CLIP 2
VIDEO CLIP 1
ALBUM PHOTOS DE L'ÉPISODE
UN ÉPISODE PRIMÉ
Un rituel secret, un trésor, une découverte historique, tous les ingrédients typiques des romans d'aventures du XIXème siècle souvent utilisés chez Conan Doyle, sont réunis pour faire le succès de cet épisode.
Très habilement écrit par Jeremy Paul, le scénario prend beaucoup de libertés avec la nouvelle de Conan Doyl et réussit l'un des meilleurs épisodes de la série.
Il en résulte une production très efficace et une histoire de bout en bout passionnante et divertissante. Le script remporta l'Award Edgar Allan Poe du meilleur épisode télévisé pour "Mystery !" à New York en 1988.
Dans l'histoire originale, l'enquête est censée se dérouler pendant la jeunesse du détective chez un camarade de classe. Afin d'éviter la corvée de rangement de l'appartement de Baker Street que veut lui infliger Watson, Holmes exhume sa vieille malle remplie de ses premières enquêtes. Avide d'en savoir plus, le docteur ne peut résister à l'envie d'écouter son ami lui raconter l'histoire du rituel des Musgrave. Judicieusement, Jeremy Paul a donc construit son scénario de manière à faire participer Watson à l'aventure.
ÉCHOS DE TOURNAGE
Il existe une incohérence dans la nouvelle de Conan Doyle, qui base un point essentiel de la déduction sur la hauteur d'un chêne, sans tenir compte de l'évolution de sa taille au cours des siècles. Jeremy Paul a intelligemment résolu ce problème en remplaçant l'arbre par un ornement de girouette perché au sommet du bâtiment.
La scène où Holmes applique sa méthode de se mettre à la place de Brunton et, après avoir estimé son intelligence, imagine comment il aurait procédé dans les mêmes circonstances, est jouée ici comme un véritable état cataleptique.
Holmes quasi en transe visualise clairement en pensée, la scène du drame dans un flash-back.
Le texte du rituel diffère entre  la version anglaise et la version américaine de la nouvelle. Paul a utilisé la version américaine plus courte dans laquelle il n'y a aucune référence de date.
La demeure de Sir Reginald Musgrave est Baddesley Clinton, un manoir médiéval du Warwickshire.
Le Retour de Sherlock Holmes (1986–1988)
LE CHÂLE DE LA DÉPRIME
Cet épisode est le premier à montrer le détective en proie à des humeurs sombres. Conan Doyle a doté son héros d'un tempérament maniaco-dépressif, l'abattement se disputant chez lui à l'excitation. Jeremy Paul avait effectivement décidé de présenter un Holmes morose, récalcitrant et mauvais convive. Jeremy s'empara de cette idée. Pour expliquer l'attitude de son personnage, il suggéra qu'il setait retombé dans la drogue.  L'idée fut retenue.
Watson est le témoin direct et réprobateur de sa prise de cocaïne et de son attitude erratique. Nous voyons Holmes se comporter bizarrement pendant la première partie du film, n'ôtant jamais son plaid de ses épaules ou riant nerveusement sans raison. Son malaise et sa mauvaise humeur sont traduits par des jeux de physionomie, mais également par son habillement. Dans d'autres épisodes, les châles, plaids et écharpes sont toujours synonymes de mal-être (ex : The Devil's Foot).
Jeremy  joue remarquablement bien les symptômes de la bipolarité. A posteriori nous pouvons maintenant entrevoir que ce comportement irrationnel et troublant, ces changements d'humeur, avaient plus à faire avec ses propres démons qu'avec ceux de Holmes. Son personnage devenait de plus en plus marqué par l'évolution de son propre caractère.
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