LA SERIE


ALBUMSJeremy était très enthousiaste et, ce qui fit un peu peur à Paul, prit cette pièce à son propre compte. A cette époque, l'acteur entretenait une relation ambigüe, mélée d'amour et de haine, avec Holmes. Cinq années passées à vivre ses aventures, à supporter sa psychologie complexe et tourmentée, avaient perturbé son équilibre. Quant à Jeremy Paul, il s'inquiétait des éventuelles répercussions psychologiques sur son ami au mental fragile. Moriarty était en réalité une manifestation de la psyché malade du détective qui reflétait étrangement le trouble bipolaire dont souffrait Jeremy et sa propre lutte...Jeremy parla à Paul de sa fascination pour le héros de Conan Doyle. Pour chacun de ses rôles en général, il imaginait un passé à son personnage, lui donnant une réalité humaine et psychologique, une vie propre. Pareillement pour Holmes. Il avait enregistré sur un magnétophone toutes ses réflexions et écrit de multiples notes. Il composa sa propre vision de Holmes grâce à ses connaissances du Canon et son vécu personnel. En particulier il mit beaucoup de sa jeunesse et de ses relations conflictuelles avec son père. Bien que son enfance choyée fut bien différente de l'enfance sombre et sans amour de Holmes qu'il inventa, on y retrouve des points communs. Ainsi, Holmes aimait chanter, appartenait à une chorale, étudia à Eton ou une grande école, entra à Oxford, avait un père ancien militaire... Jeremy élabora, non seulement une biographie détaillée et réaliste, mais une base crédible sur laquelle Paul pouvait construire son personnage. En introduisant des éléments personnels et ses propres souvenirs, Jeremy exprimait ainsi ses sentiments sur Holmes et ce faisant, sur lui-même. La pièce fit office de catharsis.
Le tournage de Granada en cours terminé, Jeremy perdit un peu de son enthousiasme initial. Une fois de plus il devrait enfiler le costume de "damaged penguin" de ce solitaire et sombre Holmes. Depuis 1983, il vivait avec ce personnage et ressentait une lassitude. Chaque année, il déclarait que c'était la dernière année qu'il jouait Holmes. Tant qu'à faire une pièce de théâtre, pourquoi ne pas jouer un autre rôle, montrer qu'il était capable d'autre chose ? De plus Jeremy n'était pas sûr de pouvoir endurer physiquement les huit représentations par semaine. Il n'était plus remonté sur scène depuis 15 ans !Mais en fin de compte, il ne pouvait pas refuser... Paul écrivit sa pièce en 6 semaines. L'ayant lue d'une traite à son ami, Jeremy s'écria plein d'enthousiasme : "On commence les répétitions demain !".Comme Jeremy Paul l'a observé : "Holmes était un poseur avec des gestes théâtraux, et je pense que le jeu 'Grand Style' de Jeremy, bien qu'il ne soit plus très en vogue aujourd'hui, s'inscrit dans la durée. Il n'y a pas beaucoup d'acteurs de nos jours qui se déplacent sur scène comme il le fait, il est incroyablement léger sur ses pieds pour un homme de sa taille, presque comme un danseur de ballet. "Les acteurs répétèrent six semaines, aux studios de Granada. Jeremy Brett tenait bien sûr le rôle du détective, mais celui de Watson était interprété par Sebastian Stride avant qu'Edward Hardwicke ne soit disponible.
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The Secret of Sherlock Holmes
ARCHIVESEdward Hardwicke . . . Docteur John Watson
Sherlock Holmes
L'histoire, assez outrée au départ, prévoyait une illusion fantomatique de Moriarty et un narrateur, rôle tenu par Jeremy Paul, lui-même. Ce dernier à un moment de la pièce, mimait avec bruit la présence d'une locomotive victorienne sur scène ! Cette première mouture fut présentée dans un cadre privé pour la famille et les amis au Mayfair Theatre.Après la première représentation pour la soirée commémorative du centenaire de Holmes en 1987, certains changements furent apportés à la pièce dont une réécriture totale. Devenue plus concise, seuls Jeremy et Edward Hardwicke restèrent en scène. Plus de narrateur, ni d'illusion de Moriarty. La pièce fut aussi rebaptisée. A Guilford, elle s'intitulait "A Case for Sherlock Holmes". La publicité annonçait "Les stars de la télévision dans un nouveau thriller théâtral". Cette description trompait le public qui s'attendait à une enquête policière, le cas mystérieux d'un client, du danger et de la déduction...
LE GUIDEAprès avoir écrit les scénarios de plusieurs épisodes de Holmes ('Le rituel des Musgrave' qui remporta un Award en Amérique, 'Le traité naval', 'Le ruban moucheté'…) Jeremy Paul connaissait parfaitement son sujet . Les deux Jeremy se délectaient de discussions holmésiennes des soirées entières.En 1987, Brett rappela à son ami que l'année célébrait le centenaire de la créationdu détective par Conan Doyle. Il trouvait opportun de fêter l'évènement avec une soirée théâtrale ou une lecture d'extraits du Canon.Jeremy Paul lui annonça son envie d'écrire une pièce de théâtre focalisée sur la relation entre Holmes et Watson. L'histoire d'une amitié victorienne, simple et naturelle, entre deux hommes.Paul voulait révéler des aspects insoupçonnés et inédits de Holmes, en les étoffant avec les situations et les personnages canoniques et en utilisant les propres mots de Conan Doyle. Il tenait un sujet sensationnel qui n'avait été abordé qu'une fois auparavant dans le livre de Michael Dibdin "The last Sherlock Holmes story".Le "secret" résidait dans la double personnalité du détective de Baker Street. Paul aimait l'idée victorienne du "doppleganger", du double "Jekyll et Hyde", deux facettes d'un seul homme : Holmes et Moriarty. Son histoire montrait un détective si dépressif et troublé phychologiquement qu'il avait "inventé" son ennemi. Enfin, il rendait justice au bon docteur. En courageux soldat qui a vécu les horreurs de la guerre, Watson pouvait comprendre l'âme humaine et compatir. Le personnage prenait toute sa profondeur.La pièce devenait une investigation psychologique et analytique, mais sans crime ni enquête.
La génèse La pièce SouvenirsJeremy Brett . . . Sherlock Holmes
THE SECRETThéâtre Yvonne Arnaud, Guildford30 Août-10 Septembre 1988
Théâtre The Richmond, Richmond, Surrey12 Septembre-17 Septembre 1988
Avant-première, Théâtre Wyndham, Londres20 Septembre-21 Septembre 1988
Théâtre Wyndham, Londres22 Septembre 1988-16 Septembre 1989
Théâtre Alhambra, Bradford02 Octobre-07 Octobre 1989
Théâtre Ashcroft, Croydon09 Octobre-14 Octobre 1989
Théâtre New Theatre, Hull16 Octobre-21 Octobre 1989
Théâtre Yvonne Arnaud, Guildford23 Octobre-28 Octobre 1989
Théâtre New Theatre, Cardiff30 Octobre-04 Novembre 1989
Festival de Théâtre de Chichester06 Novembre-11 Novembre 1989
Théâtre Alexandra, Birmingham13 Novembre-18 Novembre 1989
Théâtre His Majesty, Aberdeen20 Novembre-25 Novembre 1989
Théâtre Royal, Brighton27 Novembre-02 Décembre 1989
Théâtre Palace, Manchester04 Décembre-09 Décembre 1989
Théâtre Royal, Bath11 Décembre-16 Décembre 1989
L'idée d'écrire une pièce, était en gestation dans la tête de Jeremy Paul depuis l'été 1987. Jeremy Brett et Jeremy Paul se connaissaient depuis les années 60. L'acteur et l'actrice Patricia Garwood, femme de Jeremy Paul, avaient joué ensemble dans le téléfilm de la BBC, 'The Beauty and the Beast'. Jeremy tenait les rôles du Prince et de la Bête et était fantastique. Tous trois devinrent amis proches et passèrent de nombreuses soirées à jouer au ping-pong. Dans ce sport, Jeremy Paul trouvait son ami et adversaire "énergique, inventif et féroce". Il adapta également 'An Aspitistra in Babylon' pour Granada où Jeremy jouait un jeune lieutenant. C'est Jeremy, qui par amitié, proposa le nom de Paul comme scénariste sur la série Sherlock Holmes de Granada.
Les deux acteurs jouèrent environ 368 fois la pièce devant le public londonien... jusqu'au 16 septembre 1989. Puis ils enchaînèrent avec trois mois de tournée, dans 10 autres villes un peu partout en Angleterre. La pièce clôtura pour de bon fin 1989. Il était temps. Jeremy déclara : "Je pensais que la pièce tiendrait six semaines à Londres ... Mais ça a fait un tabac et nous avons fait salles combles pendant un an." Il admit également : "Nous avons du faire plus de cinq cents spectacles à la fin de la tournée, et parfois c'est une lutte pour maintenir les performances fraîches. C'était presque un soulagement de revenir à la télévision." Edward Hardwicke grâce aux cachets de la pièce jouée à Londres, put acheter une maison en France, une ferme en Normandie dans l'Eure où il se ressoueçait souvent, et accéder à la notoriété. A Noël 1989, les deux acteurs étaient épuisés. Il était temps de faire une pause. Chacun partit de son côté et se donna rendez-vous pour le printemps 1990 avec la reprise du tournage de la série Granada.Le Secret de Sherlock Holmes n'a malheureusement jamais été filmé. En souvenir, une plaque commémorative ainsi qu'une photo de Jeremy Brett furent posées en 1995 au Wyndham's Theatre (voir la plaque).


Le titre définitif "The Secret of Sherlock Holmes" fut adopté à Richmond pour éviter toute ambiguïté. Le 'Secret' résidait dans l'étude de caractère, l'exploration intérieure de l'esprit torturé de Sherlock Holmes et sa révélation... La pièce prévue pour une unique soirée célébrant l'anniversaire de Holmes, avait attiré l'attention de l'impresario du théâtre, Duncan C. Weldon qui y vit un fort potentiel. Les dés étaient jetés. Le succès se confirma. Après un passage à Richmond dans le Surrey, la pièce s'installa à Londres, au Wyndham's Theatre, célèbre théâtre du West End, situé sur Charing Cross Road. Son cadre victorien historique était l'écrin idéal pour le spectacle.Dès la première le 22 Septembre 1988, la pièce triompha. Les 6 semaines initialement prévues, se poursuivirent pendant un an de représentations quasi ininterrompues. Salles combles, six soirées et deux matinées par semaine. L'attraction du public à la fois pour Sherlock Holmes et Jeremy Brett ne faiblissait pas.
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